Une fin en apothéose, le moteur rugissant ! Paul Jouffreau a remporté ce week-end les deux dernières manches du championnat 2026 à Zolder (Belgique). Deux courses où il a opéré des dépassements judicieux mais surtout audacieux, géré des circonstances différentes et surtout la pression. Il a prouvé, une fois de plus, sa capacité a prendre des décisions rapides et son sens de la stratégie. Dimanche, il a notamment devancé le Brésilien Vinnie Meskelis de seulement 0,375 seconde au terme des 18 tours !

Classé 7e au général avant le dénouement final, il décroche, à 22 ans, la deuxième place du championnat NASCAR Euro Séries et remporte le Junior Trophy pour la troisième année consécutive, un record.
« Je n’aime pas parler d’âge. J’ai envie d’être champion, pas d’entendre dire qu’à 22 ans, c’est bien ce que je fais. Pour l’instant je suis fier du parcours accompli mais j’espère que ce n’est que la première étape. »
La NASCAR Euro Séries est inspiré de la NASCAR américaine, avec des courses de stock-cars sur des voitures qui sont, à l’origine, des modèles de série. Elles sont conçues pour mettre en valeur le pilotage plutôt que les aides électroniques. Vitesse max : 245 km/h. Puissance : 400 ch. Poids : 1.245 kg. Les dépassements et les contacts jouent un rôle essentiel.
Paul Jouffreau est en progression constante depuis ses débuts en karting à 12 ans, lorsqu’il commence à se faire remarquer par des acteurs du sport automobile. Il décroche en 2023 le titre EuroNASCAR 2, a 19 ans à peine, confirmant alors son potentiel au plus haut niveau européen.
Cette année-là, il remportait également une course dans la catégorie supérieure, PRO, devenant le plus jeune vainqueur de course de l’histoire de cette division !
Avant, donc, les deux succès prestigieux de Zolder. Ce qui porte à quatre ses victoires en Grand Prix cette saison. Un bilan brillant au volant de sa Ford Mustang n°3 du Team RDV Compétition. Après le Grand Prix de France sur le Circuit Paul Ricard puis Brands Hatch au Royaume-Uni. Il a également décroché deux pole positions. Il est donc vice-champion d’Europe derrière l’Italien Vittorio Ghirelli…
Pilote et homme d’affaires…
Derrière « l’ogre » Formule 1, la NASCAR Euro Séries est très populaire auprès des amateurs de course automobile. Il y avait jusqu’à 50.000 spectateurs au GP de Grande-Bretagne, 43.000 en République Tchèque. Les vues sur les réseaux sociaux, à travers le continent, dépassent fréquemment le million après chaque course.
La suite logique, pour le Girondin d’origine qui a l’impression d’avoir fait le tour, depuis quatre ans et demi, de la NASCAR, ce n’est pas la F1. Mais intégrer l’écurie d’un constructeur plutôt que des équipes privées. Et l’emmener à la victoire sur les courses du type Porsche Cup, Ligier Cup ou le championnat de GT4 European Series. En espérant, un jour, disputer les épreuves mythiques que sont, notamment, les 24h de Daytona aux Etats-Unis et bien sûr les 24h du Mans. Paul Jouffreau a déjà testé de nombreuses voitures qui requièrent, chacune, un pilotage différent. Il est aujourd’hui armé et s’estime même être un « vétéran » de la NASCAR !
Jusqu’à présent, tout est réfléchi dans son parcours. Il a suivi, après le bac, des études de métrologie qui lui permettent aujourd’hui d’optimiser ses trajectoires.
« Je suis un matheux. Je comprends comment optimiser les vitesses de passage. Je sais aller vite, pour parler simplement. »
Ambitieux, Paul Jouffreau ne compte pas se « reposer » après cette saison, mais poursuivre sur son rythme effréné de plusieurs heures par jour, parfois jusqu’à huit, passées sur le simulateur, chez lui à Blaye au nord de Bordeaux, avec des retours d’informations qui vont lui permettre de progresser encore. Il bénéficie aussi des services d’un coach sportif qui lui fait travailler le cognitif pour améliorer les liaisons neurologiques, plus vite et augmenter son « QI de pilotage ».
« Je n’aime pas couper. Ralentir, prendre des pauses, boire un coup avec les copains c’est ok. Mais pas arrêter d’un coup. Je suis tellement passionné par le pilotage… »
Passionné au point, déjà, d’être également … prof ! Il donne des cours à Monsieur ou Madame Tout-le-Monde sur circuit et notamment en karting. Quand il ne passe pas le plus clair de son temps à négocier avec son père auprès de sponsors dans le but de décrocher des budgets qui lui permettront de louer son véhicule et la logistique qui va avec pour une saison. A 22 ans… Mais il ne faut pas le lui dire !