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Seuls face au Grand Nord : la Vendée Arctique réinvente la course au large

Les voiles sont hissées avant l’une des plus folles épopées de la course au large. La Vendée Arctique, qui part le 7 juin, est la première et seule épreuve en solitaire vers le Cercle Polaire. Avec une surprise pour cette édition qui s’annonce encore plus haletante pour les skippers. L’ambiance va monter dès l’ouverture du village de la course, samedi.
Cap sur l'Islande lors de la Vendée Arctique 2022 © Apivia / Charlie Dalin

Neuf aventuriers des mers, en quête de sensations fortes et de grands froids, réinventent, dès la semaine prochaine, la course au large ! Car avec cette troisième édition de la Vendée Arctique, épreuve en solitaire sans escale ni assistance, les skippers savent d’où ils partent, les Sables-d’Olonne, mais ils n’ont pas d’itinéraire imposé. Seule obligation, remonter vers le nord de l’Atlantique jusqu’aux abords de l’océan Arctique pour franchir le 66e parallèle Nord c’est-à-dire le cercle polaire … à la longitude de leur choix avant de revenir en Vendée. Excitant et angoissant ? Cette frontière est encore inexplorée dans l’histoire de la course au large. Le parcours ouvert promet donc une variété de trajectoires et des stratégies différentes.

« C’est une course inédite. Il faudra inventer des choses », sourit l’un des neuf skippers engagés, l’Italien Ambrogio Beccaria (34 ans).

la carte de la course vendee arctique 2026 Seuls face au Grand Nord : la Vendée Arctique réinvente la course au large
La carte de la course © Vendée Arctique 2026

Sept d’entre eux découvriront pour la première fois la Vendée Arctique. Preuve du renouvellement profond de la flotte depuis le dernier Vendée Globe. Parmi eux, Violette Dorange (25 ans), dont la popularité a explosé lors du Vendée Globe 2024-2025, qu’elle a terminé en devenant la plus jeune navigatrice à boucler l’épreuve. Ou le novice Nicolas d’Estais qui travaillait, il y a encore quatre ans, dans le conseil en stratégies d’entreprise à Paris ! Quant aux marins plus expérimentés, ils reconnaissent l’aspect inédit et pas vraiment paisible de la Vendée Arctique.

« D’habitude, on part du froid vers le chaud. Là, c’est l’inverse. J’aime bien quand c’est extrême, le paysage sera improbable, c’est excitant… », prévoit Arnaud Boissières, cinq Vendée Globe et déjà deux Vendée Arctique à son actif.

Un paysage que Sam Goodchild (36 ans) attend de découvrir avec impatience. Le Britannique, natif de Bristol et Breton de cœur, est un spécialiste de la course au large, vainqueur des IMOCA Globe Series en 2023 et 2025.

« J’ai hâte de voir le soleil qui ne se couche jamais. Je navigue à l’instinct donc le format de cette course me convient bien. »

Runs de vitesse avant le grand départ

Dès samedi, ouverture du village de la course sur l’esplanade du Vendée Globe, pendant une semaine. Le public est invité à plonger dans l’ambiance. Le 4 juin, les skippers proposeront des runs de vitesse dans la baie. Il y aura également de nombreuses animations et sensibilisations aux enjeux environnementaux de la région arctique, en première ligne face aux effets du dérèglement climatique. Justement, trois des neuf skippers embarqueront des bouées remplies de technologie pour collecter des informations météorologiques et améliorer les connaissances dans une zone où aucun bateau commercial ni scientifique ne s’aventure.

Le départ, dans le chenal des Sables-d’Olonne, sera donné le 7 juin à 13h02, accompagné par la foule regroupée sur le port, la jetée ou les plages. Puis la solitude des skippers en route vers les zones nordiques. Et très vite, les dépressions, mer courte, brouillard, froid et proximité des glaces dérivantes.

« Les dépressions arriveront par notre travers, on n’a pas l’habitude », prévient Manuel Cousin (58 ans) qui a participé aux deux précédentes éditions.

La Vendée Arctique est la première grande étape de la préparation du prochain Vendée Globe, en 2028, et un test pour les nouveaux bateaux IMOCA. Longs de 18,28 mètres (60 pieds) pour un tirant d’eau de 4,50 mètres, ces monocoques, taillés pour la performance et très toilés, sont les plus puissants au monde à être menés en solitaire. Au portant, ils peuvent atteindre les 75 km / heure (40 nœuds).

La distance théorique du parcours est estimée à environ 3 500 milles nautiques. Retour estimé des aventuriers des glaces entre le 15 et le 17 juin.

 

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