L’ascension en flèche Wallonne de Paul Seixas

À 19 ans, Paul Seixas incarne déjà l’un des plus grands espoirs du cyclisme français. Révélation majeure de ce début de saison 2026, le Français s’élance sur la Flèche Wallonne parmi les principaux favoris, avec déjà sur les épaules les attentes d’un pays. Retour sur l’ascension fulgurante d’un talent hors norme.
Étape 2 du Tour du Pays basque à Lekunberri remportée par Paul Seixas (France) — Photo par Icon Sport

Grande classique WorldTour de la saison, la Flèche Wallonne est la deuxième manche du triptyque ardennais, entre l’Amstel Gold Race et Liège-Bastogne-Liège. Destinée aux puncheurs du peloton, l’épreuve relie cette année Herstal au Mur de Huy sur un parcours de plus de 200 km. Le Mur de Huy sera gravi à trois reprises, dont une dernière fois pour juger l’arrivée. Loin de l’enfer des pavés de Paris-Roubaix, la Flèche Wallonne est relativement roulante pendant près de 100 km, jusqu’à l’entrée dans les dernières difficultés et le Mur de Huy, là où les courses se décident souvent.

Un peloton de favoris à dominante française

Paul Seixas (Decathlon CMA CGM Team) débarque avec d’autres Français parmi les grands favoris de la course. Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers), Benoît Cosnefroy (UAE Team Emirates-XRG) ou encore Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) devraient tous jouer la victoire dans le final au Mur de Huy. D’autres forces en présence, comme le Danois Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), dauphin de Remco Evenepoel à l’Amstel Gold Race 2026, ou le Norvégien Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility), constituent des menaces crédibles susceptibles de bouleverser les plans des Français.

Du Pays basque aux Ardennaises

L’ascension du jeune Paul Seixas a été aussi rapide que celle de Thibaut Pinot sur le Tourmalet lors du Tour de France 2019. Début mars, sur la Strade Bianche 2026, il a pris la deuxième place derrière Tadej Pogačar après avoir distancé Isaac del Toro dans le final. Ce jour-là, le monde entier découvre le potentiel d’un futur champion, désormais pleinement assumé comme tel. Début avril, sur les routes escarpées du Pays basque, le Français a changé de dimension en remportant sa première course professionnelle à étapes.

En s’imposant sur le Tour du Pays basque, le Lyonnais a mis fin à une longue disette française sur les grandes courses à étapes du calendrier WorldTour : 19 ans qu’un Français n’avait pas gagné une course à étapes WorldTour : c’était la première victoire d’un Français sur une course à étapes WorldTour depuis Christophe Moreau sur le Critérium du Dauphiné en 2007. Paul Seixas, lui, avait déjà marqué les esprits en terminant 8e du Dauphiné 2025 pour sa première participation. Avec les absences notables de Tadej Pogačar et Remco Evenepoel, certains observateurs le voient même prendre les rênes de la course et s’imposer au terme du final de Huy.

« Je le vois s’imposer parce que lui se voit gagner », a pronostiqué Jérôme Pineau sur RMC Sport. « Avec le Mur de Huy, il faut de l’explosivité, de la giclette, et la course ne fait que 200 kilomètres. Je sais qu’il a demandé à ce que son équipe prépare un schéma pour gagner la course », poursuit l’ancien coureur cycliste.

« Je n’arrive pas en grand favori. »

Paul Seixas sera scruté de près, puisque après la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, il est possible que sa décision concernant une éventuelle participation au Tour de France 2026 soit clarifiée. L’événement cycliste le plus suivi au monde, et dont les Français attendent impatiemment un vainqueur depuis Bernard Hinault en 1985. À 19 ans, Paul Seixas représente déjà l’espoir d’une nation qui attend son futur champion depuis des décennies. Lui préfère garder la tête sur les épaules et aborder l’épreuve avec sérénité et recul :

« Je n’arrive pas en grand favori. Ce n’est pas mon point de vue, mon objectif est de me tester sur ce type d’effort. Mais avec l’équipe, on va mettre tout en place pour essayer de faire le meilleur résultat. Je ne me suis pas fixé d’obligation de gagner en tout cas. »

Quoi qu’il advienne de ce rendez-vous immanquable, les forces françaises seront aux aguets. D’ailleurs, les coureurs français se classent premiers en nombre de victoires au niveau professionnel cette saison, avec 34 succès, devant l’Italie (23 victoires) et la Belgique (21 victoires). De quoi présager peut-être une saison historique pour le cyclisme tricolore.

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