C’est une absence rare, dont ils veulent profiter. La Flèche Wallonne 2026 sera très ouverte, comme rarement ces dernières années. Parce que le meilleur coureur du monde et vainqueur l’an dernier et en 2023, Tadej Pogacar, ne prendra pas le départ pour des raisons de choix de calendrier. Son programme est habituellement organisé autour de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de France. Et il a choisi d’arriver plus frais sur la dernière classique ardennaise.
Quand le gros chat qui mange tout ou presque n’est pas là, les souris dansent ? Ils ne sont pas nombreux à pouvoir prétendre à la victoire dans une course aussi codifiée et, au final, si exigeante sur des pentes extrêmes. Près de 209 km à parcourir, 3383 m de dénivelé. Pour finir par le Mur de Huy que les coureurs graviront à trois reprises et dans lequel il ne faut pas partir trop tôt au risque d’exploser. Une montée à 9,6% en moyenne avec des secteurs à 20%.
Le belge Remco Evenepoel était un prétendant sérieux. Il a remporté, dimanche, l’Amstel Gold Race 2026 qui marque le début des classiques ardennaises, même si elle se court essentiellement au Pays-Bas. Avant de renoncer, lundi en milieu d’après-midi à la Flèche Wallonne. Le coureur Belge se préserve en vue de Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Il avait pourtant déclaré, après sa victoire à l’Amstel Gold Race que tous les feux étaient au vert.
« Je suis plutôt en bonne forme et prêt à enchaîner les deux, les jambes sont là. J’espère être là.»
Après tout, ils sont peu nombreux à avoir réalisé un doublé et encore moins un triplé à l’occasion des trois classiques ardennaises.
Les autres favoris se réjouissent. Mais comme souvent, tout pourrait se jouer dans le fameux Mur de Huy. La course s’y gagne ou s’y perd. Rarement, elle se décante avant cette fameuse ascension finale et le dernier kilomètre des hommes très forts. Il faut être capable d’un effort explosif sur ces pentes. Mais avant d’arriver au pied du mur, certains pourraient être tentés, en l’absence du patron qui dicte le tempo, de partir de loin ou au moins de durcir la course.
Et si Seixas… ?
Les candidats à la « Flèche » ? Mathieu van der Poel… Explosif et puissant, il n’est pas un grimpeur pur. Mais il a le profil pour casser et tenter une échappée pour éviter un mano a mano dans le Mur.
Côté français, Kevin Vauquelin a les moyens de surprendre après être monté sur le podium des deux dernières éditions. Il a même le label de « spécialiste » du Mur de Huy ! En effet, il tient bien les très gros pourcentages et aime les efforts courts. Quatre jours avant ses 25 ans, ce serait un magnifique cadeau un peu en avance. Vauquelin a chuté, ce dimanche, dans l’Amstel Gold Race et doit une revanche.
Flamboyant au Tour du Pays basque qu’il a brillamment remporté le 11 avril dernier, Paul Seixas, 19 ans, est la nouvelle sensation du cyclisme. L’impression qu’il donne ? Celle de ne pas avoir de limites. Mais peut-il gagner dès sa première participation à la Flèche Wallonne ? Aucun coureur ne l’a jamais fait, pas même Tadej Pogacar. Mais Seixas est de la trempe des plus grands et Jérôme Pineau, ancien cycliste professionnel (2002 à 2015), est convaincu.
« Après ce qu’il a démontré au Pays Basque, sur ce genre de courses il n’a pas d’égal. Je sais qu’il a demandé à son équipe de lui préparer un schéma pour gagner la course » a-t-il affirmé, hier, sur RMC.
Le dernier vainqueur français sur cette classique est Julian Alaphilippe, qui l’a remporté en 2018, 2019 et 2021. Le départ sera donné de Herstal, ville francophone de Wallonie, à quelques kilomètres au nord-est de Liège. Devant sa télé, un certain Tadej Pogacar, attentif à son successeur, se reposera en vue de Liège-Bastogne-Liège.