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Après Monte-Carlo, jusqu’où peut aller Valentin Vacherot ?

Après une semaine fantastique à "son" tournoi, Valentin Vacherot peut rêver grand. Demi-finaliste du Rolex Monte-Carlo Masters et désormais 17e joueur mondial, le Monégasque confirme surtout que son explosion ne relève plus de l’accident.
Valentin Vacherot lors de sa demi-finale au Rolex Monte-Carlo Masters 2026 à Monte-Carlo le 11 avril 2026. Photo de Corinne Dubreuil/ABACAPRESS.COM - photo par Icon Sport

Il nous a fait rêver, mais il a surtout rêvé. Valentin Vacherot a brillé devant son public au Rolex Monte-Carlo Masters début avril. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir dû écarter des adversaires coriaces. Il a notamment renversé Hubert Hurkacz, puis battu Alex de Minaur avant de tomber face à Carlos Alcaraz en demi-finale. Sur cette semaine monégasque, c’est moins la seule émotion qui a marqué que l’impression d’un joueur pleinement installé à ce niveau.

Une saison 2026 en bonne voie

Ce parcours historique pour le tennis monégasque, Vacherot devenant le premier joueur monégasque à atteindre les demi-finales de Monte-Carlo, s’inscrit dans une excellente dynamique depuis le début d’année. Il ne fait certes pas beaucoup de bruit, mais avance dans les tournois auxquels il participe. Il a atteint les quarts de finale à Adélaïde et à Acapulco, ainsi que les huitièmes de finale à Miami, avant cette semaine XXL en Principauté. Son début de saison ne repose donc pas seulement sur un coup d’éclat, mais sur une régularité déjà bien installée.

Alors qu’il évoluait encore loin des sommets du classement il y a quelques mois, Valentin Vacherot a changé de dimension en remportant le Masters 1000 de Shanghai en septembre 2025, où il a battu Arthur Rinderknech en finale. Ce titre, historique, a fait de lui le joueur le moins bien classé à remporter un Masters 1000 depuis 1990. Beaucoup d’observateurs ont pensé, à tort, que cette performance, cette confiance et ce niveau de jeu affiché en Chine ne seraient que temporaires. La suite a raconté l’inverse : Vacherot s’est installé dans le paysage, jusqu’à grimper au 17e rang mondial, son meilleur classement en carrière.

Vacherot, bon vivant sur et en dehors du terrain

Depuis sa révélation au grand public il y a quelques mois, Vacherot donne à la fois l’impression de prendre du plaisir lorsqu’il joue, mais aussi, de manière parallèle, d’être installé dans l’élite du tennis mondial depuis des années. Lorsqu’on le voit, après sa défaite face à Carlos Alcaraz à Monaco, se fondre au milieu de ses propres supporters pour regarder la demi-finale de double, il est clair qu’il profite au maximum de son nouveau statut. Il reste connecté à la réalité, mais est surtout connecté au public. Cette proximité avec son environnement a sauté aux yeux toute la semaine à Monte-Carlo.

De l’autre côté du spectre, malgré une expérience encore récente à ce niveau, il a d’ores et déjà la malice d’un vieux briscard. On l’a vu en transe, en train de fusionner avec le public de Monaco pour faire douter ses adversaires dans les moments chauds. Un mix entre prise de plaisir et roublardise qui fait aujourd’hui de lui un joueur extrêmement dangereux pour n’importe quel adversaire, y compris face à des membres du top 10, comme l’a encore montré sa semaine monégasque.

Grand, puissant, physique, Valentin Vacherot ne manque pas de ressources pour mettre à mal ses adversaires. Il figure actuellement parmi les meilleurs serveurs du circuit selon les évaluations de l’ATP. Du haut de son mètre quatre-vingt-treize, les balles tombent de haut. Sa taille ne fait pourtant pas de lui un des joueurs les plus grands, en tout cas sur le papier. En revanche, sur le terrain, le Monégasque est imposant, il dégage une aura liée à sa caisse physique. Il doit toutefois être prudent vis-à-vis de son corps, n’ayant pas été épargné par les blessures. En 2024, après un début de saison très prometteur, il se blesse à l’épaule à la suite de Roland-Garros, l’obligeant à terminer sa saison prématurément.

Malgré une explosion au plus haut niveau, Vacherot n’a pas pour autant drastiquement changé son style de jeu. Le seul aspect notable qui semble s’être transformé est son réalisme. Il ne fait aucun doute qu’un déclic s’est opéré chez le Monégasque, lui permettant de jouer chaque point d’un match sans la peur de perdre. Cette étape représente généralement une grande part de ce qui sépare les joueurs qui ont du mal à s’installer durablement au plus haut niveau de ceux du top 100.

Gros service, grosse caisse physique, celui qui est désormais 17e mondial a toutes les qualités pour durer au top niveau. Cette manière de jouer est certes celle avec laquelle il avait atteint un plafond de verre bien plus bas au classement, mais, additionnée à sa nouvelle capacité à être dans la zone lors de ses matchs, elle lui donne aujourd’hui une assise beaucoup plus crédible sur le circuit principal. Lorsqu’il ne gagne pas grâce à une supériorité sur le plan tennistique pur, on le voit souvent emmener ses adversaires dans des batailles physiques, un secteur où il épuise, il domine, il se sent à l’aise.

Un été charnière à venir

Le défi, désormais, sera moins de prouver qu’il peut battre de gros joueurs que de confirmer semaine après semaine. On l’a souvent vu évoluer sur dur ou sur terre battue, mais très peu sur gazon. Il a disputé très peu de matchs sur la surface verte depuis le début de sa carrière. Une inconnue dans laquelle il se lancera donc en 2026. Il est difficile d’y prévoir le niveau de jeu auquel il évoluera : le gazon peut tout à fait servir son profil, notamment grâce à son service, comme lui jouer de mauvais tours tant la surface exige des repères spécifiques. Shanghai, Monte-Carlo : Valentin Vacherot compte déjà des références majeures sur dur et sur ocre. On peut donc sans problème lui attribuer l’étiquette de joueur polyvalent, à l’aise sur les deux surfaces.

En plus de renvoyer une image de joueur qui apprécie chaque moment, le sportif de 27 ans attire la sympathie. Il sait se faire aimer, et ce, malgré un caractère bien trempé. On le voit très émotionnel sur et en dehors du terrain, n’hésitant pas à clairement se positionner sur certains sujets. Ce point, qui à première vue ne paraît pas capital, constitue pour lui une force très concrète, tant il va chercher le public dans les matchs chauds, se nourrissant de la ferveur de ses supporters.

À court terme, la question n’est donc pas de savoir s’il peut encore créer une surprise, mais jusqu’où il peut stabiliser ce nouveau statut. D’ici à l’automne et à la défense de son gros capital de points acquis à Shanghai, nombreuses seront les opportunités pour lui d’augmenter encore son total. Le top 15 paraît une projection crédible si cette régularité se maintient ; le top 10, en revanche, relève encore d’une hypothèse plus ambitieuse que d’un horizon immédiat. De grandes ambitions pour l’homme qui a battu de nouveau des top 10 à Monaco. Il a pourtant annoncé en conférence de presse après sa défaite en demi-finale qu’il accordait peu d’importance au classement, fidèle à une trajectoire qui, jusqu’ici, semble surtout guidée par le niveau de jeu.

À 27 ans, Valentin Vacherot a encore une bonne partie de sa carrière devant lui. Avec une palette technique, physique et mentale plus étoffée que jamais, il a toutes les clés en main pour se construire un palmarès reposant pour le moment principalement sur son sacre à Shanghai. Une victoire en ATP 250 ou 500 constituerait désormais une étape logique dans sa progression. On le retrouvera cette semaine au Masters 1000 de Madrid, où il n’a aucun point à défendre, avec un statut nouveau : celui d’un joueur désormais attendu.

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