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Le réajustement du calendrier nécessaire à la survie de LIV Golf

Dans cette nouvelle édition de « Réalité ou Fiction », nos rédacteurs débattent des rumeurs entourant le calendrier 2027 de LIV Golf, ainsi que des éventuelles évolutions des règles d’hiver envisagées par le PGA Tour (règle locale de balle placée, permettant de relever, nettoyer et replacer sa balle en Zone générale lorsque les conditions de parcours l’exigent).
Bryson DeChambeau lors de la Ryder Cup 2025, au Bethpage Black Course (New York). Crédit photo : Icon Sport

Une fois de plus, nous nous penchons sur une série d’affirmations que nos rédacteurs et éditeurs doivent qualifier de « Réalité » ou « Fiction », accompagnées d’une brève analyse. Certaines réponses peuvent également être considérées comme « neutres », le golf laissant souvent place à de nombreuses zones grises.

Selon plusieurs informations, LIV Golf présenterait à de potentiels investisseurs un projet de calendrier réduit à 10 tournois, contre 14 actuellement. Les sites appelés à accueillir ces dix épreuves ne sont pas encore connus, mais le circuit gagnerait à renforcer son orientation internationale et à limiter sa présence aux États-Unis à deux tournois au maximum.

Bob Harig : RÉALITÉ. LIV Golf a tout intérêt à accentuer son développement à l’international, en s’appuyant sur les marchés où le circuit a déjà rencontré du succès et en renforçant sa présence dans ces régions. Pourquoi ne pas organiser deux tournois en Australie ? Ajouter une nouvelle étape en Afrique du Sud ? Pour des raisons liées aux fuseaux horaires et aux audiences télévisées américaines, des destinations comme le Canada, Mexico — où LIV s’est déjà rendu — ou encore l’Amérique du Sud auraient également du sens. Le circuit pourrait conserver un tournoi d’ouverture de saison aux États-Unis, puis éventuellement deux autres en fin d’année. J’émets quelques réserves sur l’idée d’en organiser trois au total, mais cela me semble constituer la limite.

Jeff Ritter : FICTION. LIV Golf a certes obtenu jusqu’à présent un écho plus favorable à l’échelle internationale, mais cela ne signifie pas pour autant que le circuit doive tourner le dos au plus grand marché sportif de la planète. De nombreuses villes américaines restent largement inexploitées et pourraient accueillir des tournois LIV, ou continuer à le faire, à raison de quatre à cinq épreuves par an. Des destinations comme Chicago, Seattle, Philadelphie, Las Vegas ou encore Indianapolis offrent ainsi un potentiel intéressant pour renforcer l’ancrage du circuit aux États-Unis.

John Schwarb : FICTION. Cela dépend peut-être des investisseurs, mais il est difficile d’imaginer seulement deux passages aux États-Unis. LIV pourrait éventuellement maintenir un passage de deux semaines dans le Midwest en août, tout en jouant aussi quelque part fin février ou en mars. L’équilibre idéal serait trois ou quatre étapes aux États-Unis.

The CJ Cup Byron Nelson a une nouvelle fois tourné au concours de birdies, Wyndham Clark s’imposant à -30 après trois tours disputés sous les règles d’hiver. Alors que Brian Rolapp entend rehausser le niveau de compétition sur le PGA Tour, il devrait suivre l’exemple des tournois du Grand Chelem et bannir, sauf circonstances exceptionnelles, l’application de cette règle.

Bob Harig : FICTION. Sur le papier, cela paraît logique, mais les « règles d’hiver » sont utilisées notamment pour des raisons pratiques liées à la tenue d’un tournoi dans les temps et au respect du calendrier. Cela permet de continuer à jouer alors que ce ne serait autrement pas autorisé si la balle devait être jouée telle quelle (c’est pourquoi la reprise de l’US Open à Oakmont l’an dernier sans ces règles avait fait débat). Cela dit, leur usage doit rester très limité.

Jeff Ritter : FICTION. Je ne suis pas plus partisan des règles d’hiver que quiconque, mais dans certaines situations, elles constituent tout simplement la seule solution viable.

John Schwarb : RÉALITÉ. Le PGA Tour a tendance à recourir assez facilement aux règles d’hiver lorsque les parcours sont détrempés, notamment pour éviter les retards et permettre aux tours de se terminer dans les délais. Mais cette pratique réduit selon moi l’exigence sportive. Si le message que Brian Rolapp et son équipe veulent faire passer est réellement que le PGA Tour est l’endroit où se retrouvent les meilleurs joueurs du monde, alors ceux-ci devraient être amenés à jouer la balle telle qu’elle repose, quelles que soient les conditions.

Selon Harig, le futur calendrier du PGA Tour, potentiellement structuré autour de deux niveaux de tournois, pourrait poser un problème à certains joueurs de premier plan désireux de participer à leur tournoi local lorsque celui-ci ne fait pas partie des épreuves de première catégorie. Toutefois, afin de préserver l’équilibre compétitif du circuit, Rolapp devrait empêcher les stars de s’aligner sur des tournois du niveau inférieur, sauf exception.

Bob Harig : FICTION. Certaines rumeurs évoquent l’idée qu’un joueur éligible à une épreuve de première catégorie ne gagnerait aucun point s’il s’aligne sur un tournoi de second rang, ne percevant que le prize money — logiquement bien inférieur à celui des tournois de premier plan. Une telle mesure constituerait déjà un frein suffisant. Il pourrait même être pertinent de limiter le nombre de participations autorisées à ces épreuves de second rang. L’objectif d’un calendrier resserré autour des tournois de première catégorie est précisément de réunir le plus souvent possible les meilleurs joueurs sur ces épreuves phares du circuit. Or, cet objectif est manqué si ces derniers choisissent de s’en éloigner.

Jeff Ritter : RÉALITÉ. Mais uniquement pendant la saison régulière. Si des joueurs de premier plan souhaitent disputer des tournois de second rang après les playoffs de la FedEx, cela peut se concevoir. En revanche, plus largement, on peut se demander pourquoi le circuit mettrait en place une telle hiérarchie de tournois. Un joueur vedette viendrait en effet prendre la place d’un joueur qui en a davantage besoin, ce qui ne correspond pas à l’esprit du modèle que le PGA Tour cherche à instaurer.

John Schwarb : FICTION. Dans les faits, les joueurs de premier plan ne s’aligneront que très rarement sur des tournois de second rang, en raison de la structure des calendriers – on n’est pas en NASCAR, où un pilote de Cup peut disputer une épreuve de division inférieure le même week-end sur le même circuit (clin d’œil au regretté Kyle Busch). En revanche, la présence de stars comme Scottie Scheffler au CJ Cup Byron Nelson attire du public et suscite un fort intérêt, et elle devrait rester permise, même si cela se fait au détriment d’un joueur habituellement engagé à ce niveau inférieur.

Article publié le 27/05/2026 sur si.com. Traduction : Lisa Deleforterie

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