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Le PGA Championship a rappelé que Scottie Scheffler a de nouveau de sérieux concurrents dans la course au sommet

Aaron Rai a signé une victoire réjouissante au PGA Championship, a écrit Michael Rosenberg, mais Rory McIlroy et Jon Rahm semblent réduire l’écart face à la domination de Scottie Scheffler.
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Scottie Scheffler au départ du 1er trou lors du 3e tour du PGA Championship 2026 à Aronimink, Newtown Square (Pennsylvanie), le 16 mai 2026. Crédit photo : Icon Sport

Aaron Rai est un être humain tellement sympathique qu’il a commencé la moitié de ses réponses lors de la conférence de presse du championnat de la PGA par « C’est une excellente question ». Vainqueur du trophée Wanamaker grâce à une performance brillante et complète, il ne m’en voudrait sans doute pas si je posais une question qui concerne quelqu’un d’autre.

L’écart entre le numéro un mondial Scottie Scheffler et le reste du peloton commence-t-il à se réduire ?

Les deux derniers joueurs à avoir occupé la première place du classement avant Scheffler ont tous deux terminé devant lui il y a deux semaines. Jon Rahm a terminé à -6, à égalité en deuxième position. Rory McIlroy a terminé à -4. Scheffler a terminé à -2.

Ce n’était qu’une semaine. Scheffler traverse depuis plusieurs années une période de réussite fulgurante. Il n’y a actuellement aucun débat sur le meilleur joueur du monde : c’est bien Scheffler. Vainqueur de deux tournois majeurs l’an dernier, régulièrement en lice dans presque tous les autres, il s’avance logiquement comme l’un des grands favoris pour l’US Open à Shinnecock Hills le mois prochain.

Mais si McIlroy et Rahm continuent à jouer ainsi, la dynamique pourrait basculer.

 

Quelle différence en l’espace d’un an

Il y a un an et demi, McIlroy avait du mal à s’imposer dans les tournois majeurs, tandis que Rahm peinait à y reproduire ses performances habituelles. Mais depuis le début de l’année 2025, McIlroy a remporté autant de Majeurs que Scheffler (deux) et l’a devancé dans trois des six derniers tournois de cette catégorie. De son côté, Rahm a mis du temps à retrouver son niveau, mais ce mois-ci, il semblait avoir renoué avec son meilleur golf.

Ce n’est pas seulement que Rahm a frôlé la victoire : il l’a fait sans jamais réellement se sentir à l’aise sur les greens.

« J’ai très bien joué », a-t-il expliqué. « C’est la seule lecture que je peux en faire. J’aurais simplement aimé mieux gérer la vitesse des greens. Je n’arrivais tout simplement pas à aller au trou, et c’est pour cela que je n’ai pas rentré davantage de putts. »

Rahm n’a pas besoin d’une semaine exceptionnelle au putting pour gagner un tournoi majeur ; même lors de son survol du Masters 2023, son putting était simplement très bon. McIlroy, lui, avait autrefois besoin d’évoluer à son meilleur niveau pour s’imposer dans les Majeurs (et, dans ces cas-là, il dominait largement ses adversaires). Mais il a remporté le Masters 2025 malgré plusieurs trous catastrophiques, puis celui de cette année sans être au sommet de son jeu au départ. Jeudi 14 mai, McIlroy a connu une journée particulièrement difficile dans le jeu au départ, signant une carte de 74. Pourtant, il était toujours dans le coup le dimanche sur le deuxième neuf.

Le pire golf de Scheffler reste supérieur au pire de n’importe quel autre joueur. Il ne signe que rarement un mauvais tour, et encore moins un mauvais tournoi. Avec 74 cuts consécutifs franchis, soit 51 de plus que n’importe quel autre joueur du PGA Tour, Scheffler transforme presque systématiquement ses occasions en victoire dès qu’elles se présentent.

Mais, à l’inverse, le meilleur golf de McIlroy est peut-être supérieur à celui de Scheffler. Lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, il enchaîne des drives d’une puissance rare, plus loin que presque tous ses concurrents, ce qui lui offre un avantage considérable. Mi-mai, McIlroy affichait d’ailleurs une moyenne de 361 yards au départ, la meilleure parmi les prétendants, contre 360 pour Rahm. Il y a quelques années, son jeu de wedge pouvait le freiner ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

« Je m’appuie sur ma capacité à mettre la balle dans le trou, qui est honnêtement meilleure que jamais — mon chipping, mon putting et mon scrambling », a déclaré McIlroy.

Même si McIlroy n’a pas décroché la victoire ce mois-ci, il a affiché la même mentalité de champion qui avait tant impressionné à Augusta National le mois dernier. Il n’a pas accumulé les erreurs. Lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté, il a su s’en sortir. Il a joué comme s’il s’attendait à gagner — non pas parce qu’il évoluait à son meilleur niveau, mais parce qu’il comprend désormais qu’il n’a pas besoin d’être au sommet de sa forme pour s’imposer.

McIlroy a abordé le 16e trou, un par 5, avec un score de -4, sachant qu’il lui fallait atteindre au moins -5, et probablement -6, pour espérer la victoire. Il a expédié son drive dans le rough de droite, avant de voir son deuxième coup dévier lui aussi vers la droite. À en juger par la trajectoire de la balle, on aurait pu croire à une anomalie sous la balle, mais c’est le prix à payer lorsqu’on se retrouve dans le rough.

Le championnat de la PGA était en train d’échapper à McIlroy. À ce moment-là, un spectateur a crié « USA ! ».

McIlroy s’est retourné, le visage plus fermé que je ne l’avais jamais vu. « Ferme ta p… de gueule », a lâché McIlroy entre ses dents. Il a pointé le spectateur du doigt et a fait signe à la sécurité de l’expulser.

Cela ne m’a pas dérangé que McIlroy réagisse ainsi. Ce n’est ni un match des Eagles ni la Ryder Cup. Le spectateur avait dépassé les bornes. Mais quel contraste avec le McIlroy du PGA de l’an dernier ! À l’époque, il était encore porté par sa victoire au Masters. Mi-mai, il était venu pour conquérir le Wanamaker, quel que soit l’endroit où ses drives atterrissaient.

Dimanche 17 mai, Rahm a déclaré : « En ce qui me concerne, revenir dans le coup, bien frapper la balle et livrer une performance de ce niveau ce week-end, c’est une très bonne semaine. » Je suis sûr qu’il le pense. Mais je ne crois pas qu’il l’ait vraiment ressenti.

Rahm semblait énervé de ne pas avoir gagné. Ce qui fait en partie sa grandeur, c’est sa conviction : même dans les moments difficiles, il s’attend à redevenir le meilleur joueur du monde. Il est souvent agacé, mais jamais intimidé.

Rahm n’était pas à son meilleur niveau, mais il était tout près d’être suffisamment performant. McIlroy non plus n’évoluait pas à son sommet, mais il l’était lui aussi presque assez pour l’emporter.

Aaron Rai s’est imposé ce mois-ci. Mais la bataille pour la victoire dans cette ère ne fait que commencer.

Article publié le 17/05/2026 sur si.com. Traduction : Lisa Deleforterie

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