« Une sorte de job de rêve ». C’est par ces mots que l’ancien patron d’Orange Stéphane Richard a qualifié, ce vendredi 10 avril, sa nouvelle responsabilité au sein du club de l’Olympique Marseillais (OM). L’homme de 64 ans succédera à Alban Juster, qui assurait l’intérim depuis le 28 février après la mise en retrait de Pablo Longoria, dont le départ a ensuite été officialisé le 23 mars.
Intronisé par Frank McCourt, Stéphane Richard a été présenté comme « un homme de grandes valeurs » et « une chance pour Marseille ». L’OM mise définitivement sur un dirigeant habitué aux dossiers lourds, aux rapports de force internes et aux arbitrages à grande échelle. Voici ce qu’il faut savoir du nouvel homme fort du club phocéen.
Un président de gouvernance
Le choix de Stéphane Richard dit quelque chose de la méthode McCourt. Après Pablo Longoria, le propriétaire américain a visiblement voulu installer à la tête du club un profil moins exposé médiatiquement, mais plus identifié à la gestion et à la coordination institutionnelle. Richard, ancien PDG d’Orange de 2011 à 2022, apporte un CV de dirigeant expérimenté, au moment où l’OM cherche à réordonner sa hiérarchie. Après un début d’année 2026 agité, marqué par le départ de Roberto De Zerbi le 10 février puis celui de Pablo Longoria, le club phocéen espère retrouver des jours meilleurs.
Le timing compte aussi. L’annonce intervient dans une période où le club doit composer avec ses ambitions sportives, ses tensions récurrentes et la nécessité d’une ligne claire dans la gouvernance. En ce sens, le choix de Richard ressemble moins à un coup de communication qu’à une tentative de consolidation.
Un lien ancien avec Marseille
Stéphane Richard n’est pas un inconnu sur la place marseillaise, le haut fonctionnaire passé par HEC et l’ENA ayant déjà entretenu des liens avec la ville à travers des fonctions économiques et institutionnelles, notamment lorsque le naming de l’Orange Vélodrome a été signé en 2016 alors qu’il dirigeait Orange. À l’OM, ce capital relationnel peut compter autant que sa réputation de cadre dirigeant.
« L’OM, c’est un peu le lieu où convergent deux passions de ma vie, Marseille et le foot. Le foot, c’est peut-être moins connu. Avec mes parents, je me suis installé à Marseille quand j’avais une dizaine d’années, j’y ai fait mes études », a tenu à rappeler l’ancien PDG d’Orange.
Ce détail n’est pas anodin dans un club où l’identité locale reste centrale. Marseille est un environnement qui demande à la fois de la résistance politique, de la compréhension des codes internes et une capacité à tenir la pression médiatique. Sur ce terrain-là, Richard présente un profil plus rassurant qu’iconoclaste.
Ce que cela change vraiment
Sur le plan sportif, la nomination ne règle rien à elle seule. Elle fixe surtout un cadre : l’OM veut désormais un président capable d’absorber le bruit, de structurer la décision et de rendre la gouvernance plus lisible. « Je suis conscient du challenge. Le club fait face à de multiples défis. Tout le monde voit bien qu’on est à la croisée des chemins. La qualification en Ligue des champions est capitale pour l’avenir du club. Il y a un dialogue à reprendre avec les supporters. Il faut aussi une forme d’apaisement. Cette mission me plaît, j’aime cet exercice », a avoué Stéphane Richard.
C’est un changement important, mais il faut le lire avec prudence. Un président solide ne suffit pas à stabiliser un club aussi exposé que l’OM : il faut aussi que les résultats suivent et que le vestiaire accepte la nouvelle ligne. Richard arrive donc moins comme une promesse immédiate que comme un test de méthode.
La vraie question
La vraie interrogation, désormais, tient en une phrase simple : l’OM a-t-il choisi un président pour incarner le club, ou pour l’ordonner ? Les prochains mois diront si Stéphane Richard devient un point d’appui durable ou seulement une nouvelle étape dans la succession des tentatives marseillaises de reprendre le contrôle. « L’ambition est claire, c’est d’inscrire l’OM dans le petit groupe de clubs européens qui ont vocation à jouer la Ligue des champions tous les ans, donc être dans le top 3 du championnat de France », a confié Stéphane Richard.
Si le pari fonctionne, l’OM aura peut-être trouvé ce qui lui manque le plus souvent : une gouvernance nette. Si le pari échoue, le club aura simplement ajouté un nom de plus à la liste des présidences qui ont voulu tenir Marseille sans jamais vraiment la dompter. Stéphane Richard prendra ses fonctions le 2 juillet prochain.