Tous les arguments sont valables : le début de la préparation, l’absence des joueurs parisiens, une rotation avec 10 changements pour tester tous les autres, etc. Mais c’était une défaite, jeudi dernier, contre la Côte d’Ivoire. Et il est impensable, compte tenu du standing et des ambitions des Bleus, qu’elle se reproduise. Surtout ce lundi soir face à la modeste Irlande du Nord qui n’est pas qualifiée pour la Coupe du monde et dont plusieurs cadres évoluent sans statut majeur en Premier League.
Les Bleus en terminent donc avec leur mini-tournée en province. Lille lundi après Nantes jeudi. Et avant le départ aux États-Unis puis l’entrée en lice le 16 juin contre le Sénégal. Aucun doute ne plane concernant une victoire, même large, face aux Irlandais.
« Je ne nous voyais pas trop beaux, je ne nous vois pas trop laids non plus. S’il y avait besoin d’une piqûre de rappel, on l’a eue », tempérait Didier Deschamps après la rencontre perdue face aux Ivoiriens.
Depuis l’avertissement de la Beaujoire, rien ou presque n’est venu perturber l’ambiance. Car personne n’ignore que le sélectionneur faisait des tests et que dans la vraie vie, lors de la Coupe du monde, cela ne se passera pas comme en deuxième mi-temps à Nantes. Les enseignements sont clairs même si on s’en doutait. Le premier ? Vivement le retour de William Saliba en défense centrale. Ibrahima Konaté sort d’une saison et surtout de trois derniers mois très poussifs avec Liverpool. Il est fautif car pris de vitesse et en perte d’équilibre sur le premier but ivoirien de Guéla Doué. Le roc d’Arsenal, lui, poursuit ses soins après des douleurs au dos qui se sont réveillées durant la finale de la Ligue des champions contre le PSG. Il a repris les entraînements collectifs samedi. Le deuxième enseignement ? Marcus Thuram, qui a joué 89 minutes, ne mérite pas d’être titulaire dans cette équipe, encore moins côté gauche de l’attaque, et Barcola, Dembélé voire Akliouche lui sont supérieurs. Ce sont eux qui se partageront le poste durant la compétition. Enfin, Mbappé et Olise sont indispensables et ils ne sortiront plus à la mi-temps comme à la Beaujoire.
Aucun nuage à l’horizon, donc, et surtout pas avant d’affronter l’Irlande du Nord, même si Mbappé et certains de ses coéquipiers sont fâchés de voir leur image associée à la promotion d’un site de paris sportifs, partenaire de la FFF. Ils n’auraient pas été informés et une négociation devrait avoir lieu après la Coupe du monde.
Rétrogradés… deuxièmes
Finalement, le seul qui a créé des débats est Ryan Cherki.

Pour sa classe, sa facilité et son geste technique sur le but face aux Ivoiriens. Son activité, ses coups d’œil et ce but le rendent-ils indispensables dans le onze de départ ? Décidément omniprésent, il a aussi laissé échapper une déclaration un peu trop spontanée après le match, au micro de TF1.
« On n’ira pas à la Coupe du monde en tant que favoris mais pour écraser tout le monde… »
Ambition louable mais qui peut faire passer les Bleus pour des prétentieux un peu trop sûrs d’eux alors que l’humilité est plutôt une vertu avant et même pendant une compétition. Coïncidence savoureuse, cette défaite contre la Côte d’Ivoire pourrait coûter à la France sa première place au classement FIFA live. De la première à la deuxième, au bénéfice de l’Argentine.
Après le petit bain de foule, samedi à Clairefontaine, lors d’un entraînement en public et plutôt souriant, les Bleus ont rejoint Lille dimanche. Le stade Pierre Mauroy, 50 000 places, sera plein ce lundi. Une équipe type devrait un peu plus se dégager et il pourrait y avoir moins de changements de joueurs. Du coup, les suiveurs et les supporters des Bleus sont impatients de voir à l’œuvre les différentes associations possibles. Doué-Cherki-Barcola-Dembélé-Olise-Mbappé.
« Au-delà de la qualité footballistique, Michael Olise et Ousmane Dembelé ont l’intelligence pour surprendre. Cette alternance permet d’être moins prévisible et cela implique les autres joueurs car il faut que les zone soient occupées », a expliqué Didier Deschamps, satisfait de la capacité des Bleus à pouvoir perturber l’adversaire.
Et ce potentiel offensif qui promet d’être pétillant passionne bien plus que les éventuelles conséquences de la sortie médiatique de Ryan Cherki. Qui n’a peut-être pas complètement tort, même s’il vaut mieux ne pas le formuler ainsi. Et l’Irlande du Nord pourrait être la première à en témoigner.