Parmi toutes les nations africaines ayant disputé au moins cinq Coupes du monde — 2026 marquera la septième participation de la Tunisie à la compétition — Les Aigles de Carthage sont les seuls à ne jamais avoir dépassé la phase de groupes.
La Tunisie disputera d’abord deux matches au Mexique — contre la Suède et le Japon — avant de se rendre à Kansas City pour affronter les Pays-Bas.
Le nouveau format ouvre la phase à élimination directe à davantage d’équipes. Mais avec un effectif dépourvu de véritables stars et un statut de sélection la moins bien classée du groupe F, la Tunisie aura un véritable défi à relever.
Le parcours de la Tunisie pour se qualifier à la Coupe du monde
- Bilan des qualifications : 9 victoires, 0 défaite, 1 match nul
- Buts marqués/encaissés : 22 / 0
- Meilleur buteur : Mohamed Ali Ben Romdhane (4)
- Meilleurs passeurs : Ali Abdi, Naïm Sliti (3)
Neuf victoires en dix matchs, sans encaisser le moindre but : une manière implacable de décrocher son billet pour le tournoi.
Les bases défensives ont été solides, avec aucun adversaire capable de trouver la faille, ce qui a permis de construire une campagne faite de succès arrachés en fin de match — quatre des victoires tunisiennes en qualification ont été scellées dans les dix dernières minutes, souvent sur penalty. Un signe de résilience, mais aussi d’un manque de tranchant offensif.
Calendrier de la Coupe du monde

Sélectionneur : Sabri Lamouchi

- Expérience en Coupe du monde : Côte d’Ivoire (2014)
- À la tête de la sélection : depuis janvier 2026
- Profil du sélectionneur : un véritable souci du détail
Nommé peu après l’élimination décevante de la Tunisie en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations en janvier, Sabri Lamouchi est un entraîneur expérimenté. Il s’agit toutefois de son premier poste à la tête d’une sélection nationale depuis plus d’une décennie. Sa nomination en début d’année a marqué une forme de retour aux sources pour le technicien, né en France mais de nationalité tunisienne par filiation. Jusqu’ici, il n’avait encore jamais dirigé ni évolué en Tunisie, ni comme joueur ni comme entraîneur.
Le jeu de la Tunisie

- Formations préférentielles : 4-3-3, 4-2-3-1
- Style de jeu : Défensif, axé sur la contre-attaque
- Principaux atouts : Organisation, coups de pied arrêtés
- Principales faiblesses : Créativité, efficacité devant le but
En tant que puissance continentale, les qualifications africaines ne reflètent pas fidèlement la manière dont la Tunisie aborde les matchs sur la grande scène internationale. Les adversaires techniquement doués peuvent s’attendre à dominer la possession du ballon, mais c’est à eux qu’il reviendra de trouver la faille.
La Tunisie ne pratiquera pas nécessairement un pressing haut pour récupérer le ballon, mais tentera de réduire les espaces dans lesquels l’adversaire souhaite jouer et de défendre sa propre surface de réparation. Il est essentiel de prendre l’avantage face à cette équipe, car elle ne dispose pas d’une grande puissance offensive pour riposter.
Les joueurs à surveiller
Le facteur X : La Tunisie misera sur la créativité d’Elias Achouri. L’ailier du FC Copenhague, auteur de 37 buts et autant de passes décisives lors de ses deux premières saisons et demie au Danemark, apporte vitesse, percussion et qualité technique dans les un-contre-un. Capable d’évoluer des deux pieds, il s’apprête à disputer sa première Coupe du monde.
La révélation : Malgré son petit gabarit (1,73 m), Ismaël Gharbi compense largement par la qualité de son dribble et ses passes précises et incisives. Formé au Paris Saint-Germain, le footballeur tunisien a également quelque chose à prouver à son club actuel, Braga, qui l’a prêté pour la saison 2025-2026.
Le XI de départ possible

Lamouchi a quelque peu semé le trouble en mars en dévoilant sa première liste depuis sa prise de fonction, écartant plusieurs noms majeurs à la surprise des supporters. D’autres joueurs ont été appelés pour la première fois afin d’explorer de nouvelles options au sein du groupe.
Ferjani Sassi et Mohamed Ali Ben Romdhane ne participeront pas à la Coupe du monde, malgré l’espoir de Lamouchi que Sassi, en particulier, se remette de sa blessure à temps.
Les blessures avaient empêché Hannibal Mejbri, Yan Valery et Dylan Bronn de participer aux rencontres de mars, tandis que Montassar Talbi avait été laissé de côté à sa demande pour des raisons personnelles. Tous les quatre figurent néanmoins dans la sélection finale.
Forme actuelle
À la suite de la déception d’une élimination en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations — ils se sont retrouvés à un penalty du Mali dans le temps additionnel des quarts de finale, avant de s’incliner en prolongation puis aux tirs au but — les Aigles de Carthage ont connu une trêve internationale de mars globalement positive, mais finalement limitée.
C’était une équipe expérimentale alignée par Lamouchi contre Haïti à Toronto, et un but précoce de Sebastian Tounetki, autrefois joueur de second plan, a assuré une victoire serrée. L’ailier du Celtic n’a pas compromis ses chances d’intégrer le onze de départ pour la Coupe du monde. Quelques jours plus tard, lors d’un test contre le Canada, deux constats s’imposaient : la Tunisie a bien défendu, mais n’a pas réussi à marquer ni même à se créer des occasions. Le match s’est terminé sur un 0–0.
Les fans de la Tunisie
Le rouge et le blanc sont à l’honneur, certains aiment arborer des coiffes traditionnelles, même si les tenues des jours de match ne sont généralement pas aussi extravagantes que celles de certaines autres nations africaines. Le football de clubs en Tunisie est connu pour sa culture des ultras, et cette ferveur se retrouve également au sein de l’équipe nationale.
L’un des moments forts de la Coupe du monde des clubs de la FIFA de l’été dernier a été la passion contagieuse dont ont fait preuve les supporters de l’Espérance sportive de Tunis dans les rues des villes américaines. Le journaliste sportif africain Ali Howorth a déclaré qu’ils étaient les « meilleurs supporters » du tournoi, ayant littéralement envahi le centre-ville de Philadelphie. « Comme me l’a dit un journaliste local, les 10 000 Tunisiens ont créé une meilleure ambiance qu’un stade plein de supporters des Eagles n’en a jamais eu au Lincoln Financial Field. »
Avec les deux premiers matches de groupe au Mexique, nous pourrions assister à un scénario similaire. Mais se rendre en grand nombre aux États-Unis pour le troisième match (et peut-être au-delà) s’annonce difficile, car la Tunisie figure parmi les pays pouvant être soumis à une caution de 15 000 dollars exigée dans certains cas pour l’obtention d’un visa touristique américain.
Les attentes des supporters
Personne, et surtout pas un pays comme la Tunisie qui a autant d’expérience en Coupe du monde — et de déceptions — ne souhaite être éliminé dès le premier tour. Le premier objectif est de gagner un match, ce que l’équipe n’a réussi à faire que trois fois en 18 rencontres de phase de groupes disputées au cours des 48 dernières années.
Cela dit, en 2022, la Tunisie avait obtenu quatre points ; notamment grâce à une victoire surprise contre une équipe de France fortement remaniée, déjà assurée de sa qualification en phase à élimination directe. Quatre points suffiraient presque certainement pour passer cette fois-ci. La question est de savoir si ces joueurs tunisiens ont les moyens d’obtenir ce résultat dans un groupe aussi difficile.
Même une élimination inédite dès les seizièmes de finale ferait rêver les supporters. Tout autre résultat serait source de frustration. Mais tout bien considéré, ce dernier scénario semble le plus probable.
Pour le reste…
- Ambiance : déterminée
- L’adversaire que la Tunisie veut éviter : la France
- La statistique qui résume bien la Tunisie : elle n’a pas marqué plus d’un but par match depuis le début de l’année 2026
- Si les choses tournent mal : une menace offensive insuffisante
- Que dira-t-on si la Tunisie est éliminée prématurément ? « Là où les aigles ne prennent pas leur envol »