L’AS Monaco Basket n’a pas obtenu le sursis espéré. Ce vendredi 28 août, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), saisi dans le cadre d’une procédure de conciliation, a recommandé le maintien de la décision qui prive le champion de France en titre d’engagement dans les deux divisions professionnelles françaises pour la saison 2026-2027.
Cette préconisation confirme la ligne déjà tenue par la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG), qui avait recalé le club le 3 juillet, puis par la chambre d’appel fédérale de la FFBB, qui avait confirmé le 1er août le refus d’inscription en Betclic Élite et en Élite 2. Dans le dossier monégasque, les instances ont pointé depuis le début l’absence de garanties suffisantes sur la viabilité économique du club et l’état d’avancement des projets de reprise.
Sportivement, la chute est brutale. Sacrée championne de France le 23 juin après sa victoire contre Paris Basketball au terme d’une finale en cinq manches, la Roca Team avait bouclé une saison nationale historique, marquée par un quadruplé avec la Supercoupe, la Leaders Cup, la Coupe de France et le championnat. Deux mois plus tard, le club du Rocher se retrouve toujours sans place dans le basket professionnel français.
Des garanties arrivées trop tard
L’avis du CNOSF intervient pourtant au lendemain d’un nouveau rebondissement dans un été déjà interminable. Monaco a fait valoir l’arrivée d’un nouvel investisseur, qui s’est engagé à mobiliser 10 millions d’euros pour l’exercice 2026-2027. Mais ces éléments financiers, apparus très tardivement dans la procédure, n’ont pas permis d’inverser la recommandation du conciliateur.
Le dossier a été marqué par plusieurs pistes successives. La plus commentée a longtemps été celle de Jamal Mashburn, ancien joueur NBA, dont le projet de reprise devait permettre au club de repartir sur des bases assainies. Faute de garanties produites dans les délais, cette option s’est effondrée au moment décisif. Un autre montage, porté par Romain Goiran et Benjamin Erisoglu et un temps associé à Ronaldinho, a ensuite émergé. Benjamin Erisoglu a toutefois annoncé jeudi s’être retiré du dossier, avant l’apparition de ce nouvel investisseur.
Le CNOSF n’a pas pu prendre en compte ces nouveaux éléments financiers, sa mission de conciliateur l’obligeant à examiner la situation du club telle qu’elle avait été présentée lors de l’audience en appel, le 20 juillet. Sa position n’éteint pas juridiquement tous les recours de Monaco, mais elle réduit encore un peu plus sa marge de manœuvre.
Monaco se tourne vers la FFBB
Dans la foulée, l’AS Monaco a annoncé saisir le bureau fédéral de la Fédération française de basket-ball afin d’obtenir un « réexamen en urgence » de sa situation. Le club s’appuie sur l’article 925 des règlements fédéraux, qui permet au bureau fédéral de demander à la chambre d’appel de réexaminer une affaire lorsque des éléments nouveaux sont apparus depuis sa décision. Monaco estime que les données financières désormais présentées ne sont plus celles qui avaient été examinées le 31 juillet.
Cette démarche constitue, à ce stade, la dernière tentative fédérale pour convaincre les instances de rouvrir le dossier. Monaco peut également envisager une procédure devant le tribunal administratif, mais le calendrier joue contre lui. La saison 2026-2027 approche, les championnats doivent être stabilisés et les autres clubs concernés attendent de connaître définitivement leur sort.
Pour la Betclic Élite, le refus d’engagement de Monaco devrait conduire au maintien de Saint-Quentin dans l’élite. Quinzième du dernier championnat avant d’être éliminé lors des play-offs d’Élite 2, le club picard attend encore la confirmation de son repêchage. Monaco doit également être remplacé par l’Asvel lors de la Supercoupe, organisée les 19 et 20 septembre. Pour la Roca Team, l’enjeu est vital : sans engagement en première ou deuxième division, l’existence même de sa structure professionnelle se retrouve menacée.
Un symbole fragilisé
Depuis son installation au sommet du basket français et européen, Monaco incarnait l’un des projets les plus ambitieux du continent. La Roca Team avait attiré des joueurs majeurs, disputé la finale de l’Euroligue en 2025 et imposé une puissance sportive rare dans le championnat de France. Dans son communiqué, Monaco reconnaît que des erreurs ont été commises et que les instances n’ont pas toujours disposé des garanties qu’elles étaient en droit d’attendre.
Monaco continue désormais de plaider sa cause devant la FFBB. Mais après la DNCCG, la chambre d’appel et le CNOSF, le temps presse dangereusement. Le club qui soulevait le trophée de champion de France à la fin du mois de juin joue maintenant, dans les bureaux fédéraux, une partie autrement plus décisive que celles gagnées sur le parquet.