Vuelta 2026 : les fortes chaleurs inquiètent le peloton

À l’heure de la seconde journée de repos, ce lundi 7 septembre, le peloton de la Vuelta aborde la dernière semaine avec une inquiétude majeure : les fortes chaleurs qui s’abattent sur l’Espagne. Après l’étape raccourcie de Cordoue et des températures flirtant avec les 40 degrés, les coureurs réclament vigilance et adaptations.
Pour lutter face à la chaleur, les coureurs de la Vuelta utilisent des gilets réfrigérés. - Photo by Icon Sport

Enric Mas tient toujours son maillot rouge, Wout van Aert a levé les bras à Cordoue, mais le vrai sujet qui interpelle le peloton n’est plus seulement le classement général. C’est la chaleur. Dimanche, la 15e étape de la Vuelta, prévue sur 189,7 kilomètres entre Palma del Río et Cordoue, a été réduite à 110,2 kilomètres après l’activation du protocole météo extrême.

« Que fait-on là ? »

Dans la fournaise andalouse, la course a continué, plus courte, plus nerveuse, mais pas vraiment apaisée. « Que fait-on là ? », a lâché Matthew Brennan, frappé par une température qu’il disait montée jusqu’à 44 °C dans l’effort. Le Britannique de Visma-Lease a Bike, triple vainqueur d’étape sur ce Tour d’Espagne, n’est pas le seul à s’interroger. Dans les bus ou au ravitaillement, la question revient : jusqu’où peut-on pousser des organismes déjà entamés par deux semaines de Grand Tour ?

Enric Mas, solide leader du Tour d’Espagne, n’a pas esquivé. « Si la chaleur monte encore, il faudra une réunion : ce serait dangereux de partir », a prévenu le coureur de Movistar après une journée déjà suffocante vers Loja.

Un protocole activé, mais un malaise persistant

L’organisation a pris certaines mesures : couper près de 80 kilomètres, retarder le départ réel à 15 h et alléger le parcours à partir du kilomètre 52. La décision a été prise après une réunion réunissant commissaires, équipes, coureurs et direction de course.

Mais raccourcir ne suffit pas toujours à rassurer. Une étape plus brève devient souvent plus explosive. « Ça va être encore plus intense », avait résumé Bastien Tronchon, vainqueur de la 10e étape, avant le départ, anticipant une journée sans temps mort avant le repos. Il ne s’est pas trompé : Van Aert a flairé l’ouverture, les attaques ont fusé et les bidons ont circulé presque aussi vite que les relais.

Les équipes ont transformé leurs voitures en postes de secours mobiles : glace pilée, boissons fraîches, serviettes humides… Les motos de ravitaillement ont pris une importance stratégique. Dans ces conditions, perdre l’accès à l’eau froide au mauvais moment peut coûter autant qu’un mauvais placement au pied d’un col.

La fatigue s’installe dans les corps

La chaleur n’arrive jamais seule. Elle s’ajoute aux nuits plus courtes, aux transferts, aux douleurs, aux organismes en déficit… Le 5 septembre, sur la route de La Pandera, les abandons avaient déjà rappelé la fragilité du peloton : Christophe Laporte, Hugo Houle ou Jordan Labrosse ont quitté la course au cours d’une journée marquée par de fortes températures.

« La dernière semaine sera difficile. »

Felix Gall, désormais deuxième du classement général, a reconnu avoir couru avec prudence dans le final de La Pandera. L’Autrichien a gagné du temps sur Primoz Roglic, mais sans se livrer trop tôt. La canicule modifie les calculs : attaquer, oui, mais sans brûler plus que ses adversaires. À ce niveau, la lucidité devient une ressource aussi précieuse que les jambes. Oscar Onley, maillot blanc, a résumé l’état d’esprit du moment : « La dernière semaine sera difficile. »

Une dernière semaine sous surveillance

La Vuelta reprend le 8 septembre avec six jours de course jusqu’à Grenade. Deux étapes de transition vers La Rábida puis Séville, un contre-la-montre de 32,1 kilomètres entre El Puerto de Santa María et Jerez de la Frontera, puis deux grands rendez-vous en montagne vers Peñas Blancas et le Collado del Alguacil. Sportivement, tout reste ouvert derrière Mas, qui compte 2’06” d’avance sur Gall et 2’10” sur Roglic. Médicalement, la marge semble plus mince.

L’AEMET (Agencia Estatal de Meteorología), l’équivalent espagnol de Météo-France, annonce pour la semaine du 7 au 13 septembre des températures nettement supérieures aux normales sur une grande partie de la péninsule, avec des valeurs dépassant 36 °C dans des secteurs de l’est, du centre et du sud. La Vuelta, déjà réputée pour ses arrivées raides et son soleil de fin d’été, découvre une autre urgence : adapter la course sans la dénaturer et protéger les coureurs sans vider l’épreuve de ce qui fait son charme.

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