US Open : le double mixte des stars relance le débat sur la place des spécialistes

Déplacé avant le tableau principal, raccourci et dopé aux invitations prestigieuses, le double mixte de l’US Open se déroule les 25 et 26 août à Flushing Meadows. Comme en 2025, la formule promet d’attirer le public et les diffuseurs, mais continue de poser la question de la place accordée aux spécialistes du double.
Andrea Vavassori et Sara Errani ont remporté le tournoi de double mixte nouvelle formule de l'US Open en 2025. (Credit Image: © Lev Radin/Pacific Press via ZUMA Press Wire)

Serena Williams avec Carlos Alcaraz, Aryna Sabalenka avec Novak Djokovic, Iga Swiatek avec Casper Ruud : l’US Open a de nouveau misé sur les stars du circuit plus que sur la tradition pour son double mixte, organisé pendant la « Fan Week », avant le coup d’envoi du tableau principal de simple, dimanche.

L’USTA, la Fédération américaine de tennis, assume cette stratégie. Le tableau 2026 compte seize paires : six qualifiées grâce à leur classement combiné en simple, huit invitées et deux issues des qualifications. La dotation atteint un million de dollars pour l’équipe victorieuse. Les matches du premier tour, des quarts de finale et des demi-finales se jouent en sets de quatre jeux, sans avantage, avec un super tie-break en guise de troisième manche. Seule la finale retrouve des sets de six jeux, toujours sans troisième set classique.

La nouveauté de cette année est l’ajout de qualifications, disputées lundi, censées répondre à une partie des critiques formulées en 2025. Les paires Katerina Siniakova-Henry Patten et Erin Routliffe-Lloyd Glasspool se sont qualifiées pour rejoindre le tableau principal. Mais l’essentiel du système demeure : l’accès au tournoi dépend principalement des classements de simple et des invitations, au détriment de nombreux spécialistes.

La polémique de 2025 toujours vive

L’an dernier, la réforme avait provoqué une levée de boucliers. Les tenants du titre Sara Errani et Andrea Vavassori avaient dénoncé une « profonde injustice », estimant que l’épreuve avait été remplacée par une « pseudo-exhibition axée uniquement sur le divertissement et le spectacle ». D’autres joueurs avaient regretté l’absence de concertation et la réduction du tableau, passé de 32 à 16 équipes.

Ironie du sport : Errani et Vavassori avaient ensuite remporté l’édition 2025, battant Swiatek et Ruud en finale dans un stade Arthur-Ashe comble. Leur succès avait envoyé un message aux organisateurs : la nouvelle formule avait beau attirer les vedettes, elle ne pouvait pas empêcher une véritable paire de double de s’imposer.

Cette année, la paire italienne défend son titre, mais grâce à une invitation. Elle débute contre Mirra Andreeva et Andrey Rublev. Double tenante du titre, elle reste donc dépendante d’une wild-card dans un système pensé en priorité pour attirer les grands noms du simple.

Entre vitrine commerciale et légitimité sportive

Pour l’US Open, le calcul est clair. Installer Djokovic, Sabalenka, Alcaraz ou Serena Williams sur le court en pleine semaine de lancement vise à remplir les tribunes, à attirer les audiences télévisées et à offrir une exposition rare à une discipline souvent reléguée au second plan dans les tournois du Grand Chelem.

Les organisateurs assurent que le double mixte y gagne en visibilité. Leurs détracteurs répondent qu’une visibilité obtenue en écartant une partie de ceux qui font vivre la spécialité toute l’année perd de son sens.

Après le succès populaire de 2025, l’USTA a reconduit l’essentiel de sa formule, tout en ajoutant deux places accessibles par les qualifications. Ce léger infléchissement ne résout toutefois pas la question de fond. À New York, le double mixte est devenu un spectacle à part entière. Reste à savoir s’il est encore pleinement considéré comme un tournoi du Grand Chelem, et pas seulement comme la bande-annonce du tableau de simple de l’US Open.

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