Tennis : comment les tournois construisent leurs tableaux

Des tournois du Grand Chelem aux compétitions ATP et WTA, la construction d’un tableau repose sur le classement mondial, les qualifications, les invitations et la désignation des têtes de série. Le tirage au sort conserve une part d’aléa, mais obéit à des règles destinées à répartir les meilleurs joueurs et joueuses.
Les tirages au sort des tournois de tennis s’articulent autour des têtes de série. Photo : Laurent Zabulon/ABACAPRESS.COM/Icon Sport

Dans le tennis professionnel, le tableau principal est la grille à élimination directe qui fixe les rencontres d’un tournoi. Plusieurs voies permettent de l’intégrer. La première est le classement mondial : les joueurs et joueuses les mieux classés sont admis directement, dans la limite des places disponibles.

Viennent ensuite les qualifiés, issus d’un tournoi préliminaire disputé juste avant le tableau principal. Les organisateurs disposent également de wild cards, des invitations généralement attribuées à de jeunes espoirs, des représentants du pays hôte, d’anciens champions ou des joueurs de retour après une longue absence.

S’ajoutent des situations plus techniques. Les special exempts concernent les joueurs encore engagés dans les derniers tours d’un tournoi précédent et qui ne peuvent donc pas participer aux qualifications de l’épreuve suivante. Les lucky losers sont, eux, repêchés après une défaite en qualifications lorsqu’une place se libère dans le tableau principal.

Le tirage au sort s’organise autour des têtes de série

Le tirage n’est pas une loterie intégrale. Les joueurs les mieux classés parmi les participants obtiennent le statut de tête de série afin d’éviter que les principaux favoris ne s’affrontent dès les premiers tours.

Dans un tableau classique, la tête de série numéro 1 est placée en haut et la numéro 2 en bas. Elles ne peuvent donc se retrouver qu’en finale. Les têtes de série numéros 3 et 4 sont tirées au sort dans les deux moitiés du tableau et ne peuvent affronter les deux premières avant les demi-finales.

Les suivantes sont réparties progressivement dans les quarts, puis dans les huitièmes du tableau. Les joueurs non désignés têtes de série sont ensuite placés par tirage au sort dans les emplacements encore disponibles.

Le nombre de têtes de série dépend de la dimension du tableau. Dans les tournois du Grand Chelem, qui réunissent 128 joueurs et 128 joueuses en simple, elles sont 32 et ne peuvent pas se rencontrer avant le troisième tour. Un tableau de 56 ou 64 participants en compte généralement 16, tandis qu’un tableau de 28 ou 32 en comprend le plus souvent huit.

Pourquoi certaines têtes de série ne jouent-elles pas le premier tour ?

Les exemptions de premier tour, appelées byes, interviennent notamment lorsque le nombre de participants ne permet pas de remplir entièrement une grille à élimination directe.

Un tableau de 28 joueurs utilise ainsi une grille théorique de 32 places. Quatre participants, généralement les quatre premières têtes de série, sont directement qualifiés pour le deuxième tour. Ils ne gagnent aucun match, mais bénéficient d’une exemption au premier tour.

Le même principe s’applique dans les grands tournois organisés avec un tableau de 96 joueurs ou joueuses. Une partie des têtes de série entre directement au deuxième tour, tandis que les autres participants doivent disputer une rencontre supplémentaire.

La répartition des exemptions est déterminée par le règlement de chaque circuit et par le format du tournoi. Les organisateurs ne peuvent donc pas décider librement d’accorder un bye à un joueur pour des raisons commerciales.

Du circuit Challenger aux Masters 1000, des formats variables

Sur le circuit masculin, l’ATP distingue les ATP 250, ATP 500 et Masters 1000. En dessous du circuit principal se trouvent les tournois Challenger, eux-mêmes répartis en plusieurs catégories selon le nombre de points attribués, dont les Challenger 125.

Plus le niveau du tournoi est élevé, plus le vainqueur reçoit de points au classement mondial. Le chiffre associé à la catégorie correspond au nombre de points attribués au champion : 250 dans un ATP 250, 500 dans un ATP 500 et 1 000 dans un Masters 1000.

Les ATP 250 utilisent généralement des tableaux de 28 ou 32 joueurs. Les ATP 500 peuvent adopter des tableaux plus importants, tandis que les Masters 1000 se disputent selon des formats variables, avec notamment des tableaux de 56 ou 96 joueurs.

Chez les femmes, la hiérarchie repose sur les catégories WTA 125, WTA 250, WTA 500 et WTA 1000. Les dimensions des tableaux dépendent là encore du tournoi et ne sont pas strictement identiques au sein d’une même catégorie.

Dans tous les cas, l’architecture reste comparable : des admissions directes déterminées par le classement, des joueuses issues des qualifications, des invitations, d’éventuelles remplaçantes et une répartition des têtes de série.

Comment sont construits les tableaux des tournois du Grand Chelem ?

L’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open utilisent le format le plus connu : 128 joueurs et 128 joueuses dans chacun des tableaux de simple.

Chaque tableau comprend généralement 104 admissions directes, 16 joueurs ou joueuses issus des qualifications et huit bénéficiaires d’une wild card. Les joueurs admis grâce à un classement protégé figurent parmi les admissions directes.

Les invitations sont attribuées par les organisateurs, souvent à des représentants du pays hôte. Elles peuvent aussi découler d’accords de réciprocité. Roland-Garros réserve ainsi certaines invitations à des joueurs australiens et américains dans le cadre d’accords conclus avec Tennis Australia et l’USTA. Des Français peuvent en retour bénéficier d’une invitation à l’Open d’Australie ou à l’US Open.

Wimbledon fonctionne différemment. Organisé par le All England Club, le tournoi britannique ne participe pas aux mêmes accords de réciprocité avec la Fédération française de tennis.

Il n’existe aucun bye dans les tableaux de simple des tournois du Grand Chelem. Le champion et la championne doivent donc remporter sept rencontres pour soulever le trophée. Les 32 têtes de série sont réparties dans le tableau avant le tirage des autres participants.

Que se passe-t-il lorsqu’un joueur déclare forfait ?

Avant le début du tournoi, un joueur directement admis qui se retire peut être remplacé par le premier joueur disponible sur la liste des remplaçants. Une fois les qualifications terminées, la place revient généralement à un lucky loser.

Un lucky loser n’est pas nécessairement choisi au hasard parmi tous les joueurs éliminés. Les règlements de l’ATP, de la WTA ou du tournoi concerné déterminent l’ordre de repêchage à partir du classement et des résultats obtenus en qualifications.

Si le forfait intervient après le début du tableau et après la première rencontre du joueur, son adversaire bénéficie d’un walkover, c’est-à-dire d’une qualification sans jouer. Le tableau n’est alors pas recomposé et aucun nouveau participant n’y entre.

Les compétitions par équipes suivent une logique différente

La Coupe Davis et la Billie Jean King Cup ne reposent pas sur un tableau individuel, mais sur des confrontations entre équipes nationales. Leur format comprend plusieurs niveaux, des qualifications et une phase finale dont l’organisation peut évoluer d’une saison à l’autre.

Le classement des nations sert notamment à désigner les têtes de série et à organiser le tirage. Chaque confrontation comprend plusieurs matches de simple et de double, dont le nombre dépend du tour et du format retenu.

La logique générale reste celle d’une élimination progressive, mais les joueurs ne disposent pas d’une place personnelle dans le tableau. Ils sont sélectionnés par leur capitaine et représentent leur pays au sein d’une équipe.

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