Jannik Sinner est une machine, mais bien loin de l’image de robot qui lui a parfois été associée, il a montré cette semaine à quel point il s’adapte désormais rapidement aux changements de surface en ajoutant à son palmarès le Rolex Monte-Carlo Masters. Il a pour cela battu son grand rival Carlos Alcaraz en 2 sets, se montrant plus réaliste dans les moments importants. Il empoche grâce à ce sacre 1000 points, qui viennent s’ajouter à son capital, lui permettant de s’assurer une 67e semaine en tant que numéro 1 mondial au classement ATP.
Une série en Masters 1000 historique
Trois Masters 1000 sur deux continents différents, Indian-Wells, Miami et Monte-Carlo. C’est l’enchaînement XXL que vient de réaliser Jannik Sinner sur ce début de saison 2026, devenant ainsi le deuxième homme de l’ère moderne du tennis à s’imposer dans les trois premiers Masters 1000 de la saison, suivant les pas d’un certain Novak Djokovic, l’ayant réalisé en 2015. L’Italien était sacré sur le dur de Miami il n’y a même pas deux semaines, se montrant impérial sur sa surface de prédilection et s’offrant un si précieux sunshine double aux États-Unis.
Le Rolex Monte-Carlo Masters représente un challenge d’adaptation pour les joueurs. Ce tournoi prend place une semaine après le dernier tournoi sur dur, ainsi que sur un continent différent, imposant aussi bien un changement brutal de surface qu’un décalage horaire important. Sachant qu’il prépare son calendrier minutieusement, pour à la fois ménager son corps, éviter les blessures et pouvoir se préparer au mieux au changement de surface, il n’aurait pas été surprenant de voir se retirer de Monte-Carlo celui qui finira par recevoir le trophée des mains du Prince Albert. Bien au contraire, l’Italien a fait parler son expérience, déjà énorme pour un joueur de son âge, pour remporter son tout premier tournoi majeur sur terre battue.
Une semaine en contrôle
Dès les premiers tours de cette édition 2026 de Monte-Carlo, Jannik Sinner s’est montré réaliste, ne laissant absolument aucune chance à ses adversaires. Mais il a surtout donné l’impression d’un joueur en gestion, qui ne surjoue pas et qui est encore en train d’ajuster son jeu sur ocre. Il dit en interview à la suite de son match face à Ugo Humbert, qu’il conclut pourtant sur une bulle, qu’il doit encore améliorer certains aspects de son jeu sur cette surface. Son niveau de jeu plancher lui a permis d’accéder sans soucis aux quarts de finale, à partir desquels il a clairement élevé la justesse de ses frappes ainsi que de ses déplacements.
Ce dimanche 12 avril, les numéros 1 et 2 mondiaux se sont livrés une bataille sur le court Rainier III, l’arène du jour. 30 minutes avant le début de la partie, les conditions météorologiques ont commencé à s’altérer, fini les rayons de soleil des demi-finales, place au vent et aux nuages. On a senti aussi bien Sinner qu’Alcaraz souvent désemparés face aux bourrasques modifiant les trajectoires des balles, donnant lieu à de nombreuses fautes directes, 83 au cumulé pour les deux joueurs.
Lors de la première manche, on a senti que le joueur espagnol a eu moins de mal à rentrer dans cette finale que son adversaire du jour. Dès les premiers jeux, Sinner s’est retrouvé en difficulté sur son service, une constante qui, malgré deux break rapides, s’est vérifiée dans ce set. Il finit néanmoins par gagner la manche sur une double faute d’Alcaraz, alors que le mini-break réalisé par Sinner venait de s’effacer. Dans le second set, Alcaraz ne tient pas son break beaucoup plus longtemps que dans le premier. En difficulté notamment côté revers, ne recourant quasi jamais à son slice, il cède l’ultime break du match à 3-4 alors qu’il menait 40-0, cruel est le rythme de jeu imposé par Sinner.
Jannik Sinner conclut cette finale par un jeu de service parfaitement maîtrisé, ne laissant pas la place au doute. Il redevient alors numéro 1 mondial, et est sacré champion pour la première fois sur le sol monégasque Il envoie un message fort au reste du circuit en remportant son 4e Masters 1000 d’affilée, et a maintenant les yeux rivés sur Madrid.