Le tennis masculin continue d’être animé par une question centrale : qui mérite vraiment le statut de GOAT ?
Le « Big Three » du tennis — Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic — s’impose invariablement dans cette discussion. Pendant des années, Federer a dominé la course avec ses 20 titres majeurs. Puis Nadal l’a dépassé en portant son total à 22 titres en Grand Chelem, semblant s’approprier le statut de GOAT. Depuis la retraite de ces deux légendes, Djokovic a pris le relais en les surpassant avec 24 titres majeurs et poursuit sa carrière avec, en ligne de mire, un 25etrophée historique.
À la seule lecture des chiffres, Djokovic s’impose comme le GOAT incontesté du tennis masculin. Il semble aujourd’hui hors de portée pour ses poursuivants — même si Carlos Alcaraz et Jannik Sinner paraissent s’inscrire dans cette trajectoire. Pourtant, l’héritage du Serbe de 38 ans continue d’être nuancé, notamment en raison de son impact hors du court, souvent jugé inférieur à celui de Federer et Nadal, deux figures au rayonnement mondial sans doute plus marquant.
Ivan Ljubičić, ancien entraîneur de Federer, s’est exprimé sur ce débat fin février dans le podcast Off Court with Greg Rusedski. Pour lui, Djokovic n’est clairement pas le plus grand joueur de tous les temps, tant l’impact de Federer et Nadal en dehors des courts est difficile à égaler.
« Évidemment, Novak est celui qui a le plus gagné, c’est indéniable. Mais à mes yeux, l’impact de Roger sur le jeu — tout comme celui de Rafa à différents moments — est immense. Peut-être même supérieur à celui de Novak », a déclaré Ljubičić.
Si l’analyse de Ljubičić sur l’influence plus limitée de Djokovic en dehors des courts peut s’entendre, sa domination sur le terrain, elle, reste difficile à contester. À 38 ans et fort de ses 24 titres majeurs, le Serbe continue de tenir tête à l’élite. Il a récemment dominé Sinner en demi-finale de l’Open d’Australie avant de retrouver Alcaraz en finale, où il s’est incliné en quatre sets. À ce stade de sa carrière, il parvient encore à se hisser aux avant-postes, là où Nadal et Federer avaient davantage de mal à maintenir ce niveau en fin de carrière.
Djokovic clarifie ses objectifs à long terme malgré les rumeurs de retraite
Concernant la suite de sa carrière, Djokovic a insisté sur sa volonté de continuer. Avant le tournoi d’Indian Wells début mars, il avait ainsi confié vouloir continuer « tant que j’aurai cette flamme, cette énergie, ce niveau de jeu et aussi la motivation ».
Il a réaffirmé ses ambitions en évoquant son objectif de défendre sa médaille d’or olympique à Los Angeles en 2028. « C’est l’un de mes objectifs à long terme : participer aux Jeux olympiques. Ce serait formidable », a-t-il expliqué. « C’est encore loin. À mon âge et à ce stade de ma carrière, chaque année paraît plus longue que pour les joueurs plus jeunes. Je vais essayer d’y parvenir, c’est clairement l’une de mes motivations. »
Les Jeux olympiques d’été se tiendront dans plus de deux ans, ce qui signifie que Djokovic aura 41 ans à son arrivée à Los Angeles. S’il parvient à éviter les blessures et ne décide pas de prendre sa retraite d’ici là, il ne serait pas surprenant qu’il choisisse ce rendez-vous comme point final à sa carrière. Son ami de longue date et rival Andy Murray avait d’ailleurs tiré sa révérence lors des Jeux olympiques de Paris 2024.