Il y a quelques jours, la Kazakhe Elena Rybakina s’est hissée pour la première fois de sa carrière à la première place du classement mondial féminin. Le samedi 12 septembre, sur le court Arthur Ashe, elle a couronné cette ascension en remportant le titre en simple dames de l’US Open 2026. Elle a battu Aryna Sabalenka, sa rivale et ancienne n°1 mondiale, 6-4, 5-7, 6-2, au terme d’une finale particulièrement disputée. C’est désormais officiel : Rybakina n’est pas seulement la meilleure joueuse de la saison. Après avoir remporté son deuxième tournoi du Grand Chelem en 2026, elle s’impose comme la nouvelle reine du tennis féminin.
Il y a encore deux semaines, rien ne garantissait que Rybakina puisse même participer à cet US Open. Le mois dernier, à Cincinnati, elle avait subi ce qui semblait être une blessure au tendon d’Achille. Au cours de la semaine précédant l’US Open, elle s’était entraînée avec parcimonie et à huis clos.
Les rumeurs sur son absence ne se sont pas seulement révélées infondées : elles ont été balayées par les performances de Rybakina. Elle n’a concédé aucun set lors de la première semaine. La deuxième semaine, avec une maîtrise émotionnelle remarquable (peut-être la joueuse la plus impassible depuis Björn Borg ?), elle a enchaîné trois victoires en trois sets. Et si elle s’est une nouvelle fois appuyée sur sa puissance, avec notamment douze aces samedi, dont le dernier pour conclure le match sur balle de match, elle a également fait étalage d’une remarquable agilité, parmi les plus élégantes que l’on puisse voir sur un court de tennis.
Certaines joueuses se montrent particulièrement démonstratives et expressives, n’hésitant pas à attirer l’attention par leurs tenues, leurs mises en scène ou leur présence sur les réseaux sociaux. Rybakina est à l’exact opposé. Pour des raisons qu’elle seule pourrait expliquer (et qu’elle ne cherche pas à dévoiler), elle demeure presque obstinément impénétrable. C’est peut-être justement parce qu’elle en révèle si peu qu’elle conserve cette part de mystère, y compris auprès des amateurs de tennis les plus avertis. Mais cette sérénité mérite aussi d’être soulignée. Au fil des inévitables fluctuations d’un match, l’attitude de Rybakina demeure pratiquement inchangée. Après s’être inclinée face à la Kazakhe en demi-finale, Coco Gauff a d’ailleurs salué avec admiration le sang-froid de son adversaire.
Samedi, elle n’a pas livré son meilleur tennis dans le premier set, mais s’est néanmoins imposée 6-4. Sabalenka, double tenante du titre, a progressivement trouvé son rythme et remporté la deuxième manche 7-5. Dans un match qui n’était pas sans rappeler leur finale de l’Open d’Australie, disputée à peine sept mois plus tôt, Rybakina a réservé le meilleur pour la fin, laissant finalement son adversaire s’effondrer.
Un mot sur Sabalenka : après 99 semaines, son règne au sommet du tennis mondial a pris fin. Si son parcours, long de près de deux ans, mérite d’être salué, il est difficile de ne pas relever qu’une joueuse aussi puissante compte désormais davantage de défaites en finale de Grand Chelem que de victoires. Elle achève l’année 2026 sans le moindre titre du Grand Chelem, et le coup de raquette porté sur la balle de match laisse penser qu’elle a pleinement mesuré l’ampleur de l’occasion manquée ; samedi comme sur l’ensemble de cette année.
Sabalenka reviendra peut-être au sommet, mais elle devra gravir à nouveau la montagne et, reprendre le pouvoir à celle qui domine désormais le circuit. Celle-ci a 27 ans. Elle ne présente aucune faiblesse apparente. Elle affiche une confiance inébranlable. Et à une époque où le niveau de compétition atteint des sommets dans tous les secteurs, elle est la meilleure de sa catégorie. Bonne route, Elena Rybakina, championne de l’US Open 2026.