La consolidation médiatique de la boxe se poursuit
Lundi 16 mars, Top Rank a officialisé son nouvel accord de droits de diffusion avec DAZN, la plateforme mondiale de streaming qui a massivement investi dans la boxe au cours de la dernière décennie. Aucun détail financier n’a été dévoilé, mais le président de Top Rank, Todd duBoef, a évoqué un contrat pluriannuel qui transférera l’ensemble des boxeurs de l’écurie vers DAZN. La même semaine, plusieurs têtes d’affiche de la société — Bruce Carrington, Keyshawn Davis, Abdullah Mason et Emiliano Vargas — étaient à New York pour la grande annonce.
Cet accord offre enfin un peu de stabilité à Top Rank, qui évoluait sans partenaire de diffusion depuis la fin de son contrat avec ESPN l’été dernier. Il s’agit d’un partenariat non exclusif, selon duBoef, ce qui laisse la porte ouverte à des événements diffusés sur d’autres chaînes, même si la majorité des combats sera proposée sur la plateforme. Selon mes informations, dirigeants de Top Rank et de DAZN ont passé plusieurs heures mi-mars dans les bureaux new-yorkais de DAZN pour élaborer un calendrier printemps-été.
Parmi les combats envisagés, un choc majeur se profile : Xander Zayas, champion unifié des super-welters, pourrait défendre ses titres face à Jaron Ennis. Les négociations entre Ennis et Vergil Ortiz Jr. étant au point mort, son promoteur Eddie Hearn explore d’autres pistes. En tête de liste : un affrontement avec Zayas, star portoricaine en pleine ascension. Une date dès le mois de juin est à l’étude, avec New York en option privilégiée.
Jesse Rodriguez réfléchit à son prochain coup
Le champion unifié des super-mouches, Jesse Rodriguez, hésite encore entre défendre ses ceintures ou monter chez les coqs pour aller chercher un titre dans une troisième catégorie, m’a confié son manager Robert Garcia en mars. Rodriguez reste déterminé à unifier totalement la division des super-mouches ; mais pour l’instant, la dernière ceinture est hors de portée, Willibaldo Garcia devant la défendre face à Andrew Moloney en avril.
Le scénario le plus probable mènerait à une montée de catégorie pour disputer un titre, avec Antonio Vargas et Christian Medina en tête de liste, selon une source. Rodriguez redescendrait ensuite pour affronter le vainqueur de Garcia–Moloney. Habitué à jouer avec la balance, il avait déjà sauté deux catégories en 2022 pour décrocher une ceinture chez les super-mouches, avant de redescendre en 2023 chez les mouches pour en conquérir deux autres, puis de revenir à 115 livres. Son retour sur le ring est attendu en juin.
Zuffa continue d’avancer ses pions
Zuffa Boxing, la nouvelle structure portée par Dana White, a signé un nouveau contrat de diffusion : un accord pluriannuel avec le diffuseur britannique Sky Sports pour proposer de la boxe sur ses antennes. Selon White, l’objectif est non seulement de diffuser les événements américains de Zuffa, mais aussi d’organiser des galas au Royaume-Uni. Si Zuffa a progressivement trouvé sa place sur le marché américain, percer au Royaume-Uni s’annonce plus complexe, avec des acteurs solidement implantés comme Matchroom Boxing, Queensberry Promotions et Boxxer.
Un combat Devin Haney – Rolly Romero en vue ?
Les négociations se poursuivent entre les équipes de Devin Haney et Rolando Romero. Les deux camps souhaitent conclure un accord — la date du 30 mai est ciblée, avec New York et Las Vegas à l’étude — mais la question financière du côté Haney reste en discussion. Le modèle repose essentiellement sur un partage des revenus du pay-per-view, et même si Haney–Romero constitue une unification solide chez les welters (147 livres), peu croient à un succès massif en ventes. En coulisses, beaucoup anticipent même un échec commercial. Affaire à suivre.
Les petits promoteurs menacés d’extinction
C’est l’alerte lancée par Larry Goldberg, propriétaire de BoxingInsider.com, qui organise depuis quelques années des galas locaux dans la région de New York. L’amendement soutenu par Zuffa — et, soyons francs, largement inspiré par l’organisation — à la loi américaine Professional Boxing Safety Act doit être soumis au vote de la Chambre des représentants après avoir franchi l’étape des commissions. Parmi les mesures : un renforcement obligatoire des contrôles antidopage, disposition qui pourrait, selon Goldberg, « à elle seule tuer la boxe de club aux États-Unis ».
Sur le papier, davantage de contrôles est une avancée. La boxe est un sport dangereux, et les combattants doivent pouvoir évoluer à armes égales. Mais ces tests coûtent cher — trop cher pour les petits promoteurs, souvent privés de contrats télévisés lucratifs. Goldberg estime le coût entre 12 000 et 20 000 dollars par événement, soit davantage que les revenus nets de la plupart des galas de club.
L’adoption de ce texte en l’état serait catastrophique pour ces promoteurs, insiste Goldberg. Deux organisateurs de galas locaux m’ont confié mi-mars partager ce constat. Tous ceux qui connaissent la boxe savent que ces événements constituent le socle du sport. Toute nouvelle réduction — ou pire, disparition — de ces galas serait un désastre.
Bob Arum reprend des forces
Enfin, des nouvelles de Bob Arum, le promoteur de 94 ans, absent des événements Top Rank ces derniers mois. Arum a récemment subi une opération du genou, ce qui l’a contraint à rester chez lui à Beverly Hills. Je lui avais rendu visite en mars : il était de bonne humeur, se déplaçait avec un déambulateur et espérait un retour rapide en bord du ring dans les semaines suivantes.