Antoine Dupont a beau avoir changé de dimension, certaines choses restent immuables. Le 31 août, au stade Ernest-Argelès de Blagnac, à quelques kilomètres du stade Ernest-Wallon, où il évolue avec le Stade Toulousain, le demi de mêlée a retrouvé ce qui a accompagné ses premiers pas dans le rugby. Sa famille, ses proches, des enfants, des bénévoles et des passionnés de rugby étaient tous réunis pour une journée particulière.
L’annonce avait déjà fait sensation sur les réseaux sociaux le 3 août, notamment par son caractère émouvant. La vidéo dévoilait la complicité entre le demi de mêlée et un groupe de jeunes joueurs et joueuses rêvant de devenir, un jour, le prochain Antoine Dupont. Lors de cette journée, la campagne d’adidas prenait vie.
Une histoire de terre et de rugby
La journée a été marquée par plusieurs temps forts, révélant à chaque fois les liens uniques et indissociables qui unissent Antoine Dupont à ses origines dans le Sud-Ouest et à son histoire familiale. Il reste profondément attaché aux valeurs locales, à la vie du territoire et à « sa terre », comme l’explique Jean-Luc Galès, son oncle et entraîneur durant son enfance. Un attachement constamment cultivé par celui qui a foulé pour la première fois une pelouse de rugby à Castelnau-Magnoac, à l’âge de quatre ans.
« C’est particulier parce que c’est là, à Castelnau-Magnoac et à Auch, qu’il a eu ses premiers clubs, ses premiers copains d’enfance, ses potes de collège et ses premières équipes de jeunes, poursuit-il. On doit toujours rester humble, parce que le travail de la terre dépend de beaucoup de choses qu’on ne maîtrise pas. Ce sont toutes les valeurs de la vie rurale. »

Son ami d’enfance, Gauthier Enfedaque, souligne lui aussi l’importance pour Antoine Dupont de valoriser ses racines dans le Sud-Ouest :
« Cela a toujours été un facteur déterminant pour lui de rester dans la région. Quand il a commencé le haut niveau en partant à Castres, il ne voulait déjà pas trop s’éloigner. La première chose qu’il calculait, c’était la distance pour être à seulement quelques heures de voiture de Castelnau-Magnoac. Il a toujours eu le rêve de jouer à Toulouse. Rester dans le Sud-Ouest l’a toujours motivé. Encore aujourd’hui, il rentre très souvent voir sa famille dès qu’il a du temps. C’est donc un ancrage fondamental pour lui. »
Une simplicité intacte
Le partage, la cohésion et la transmission étaient ainsi les maîtres mots de cette journée de lancement organisée par adidas à Blagnac. Toutes les générations étaient réunies, sur et en dehors des terrains, pour accompagner ce moment particulier de la carrière d’Antoine Dupont. Au milieu des enfants, de ses proches et de plusieurs figures du rugby français, le demi de mêlée a retrouvé un environnement qui lui est familier.

Lorsque j’interroge Jean-Luc et Gauthier sur l’évolution de leurs relations familiales et amicales avec Antoine, malgré sa notoriété, tous deux s’accordent sur un point : il n’a pas changé.
« C’est la même personne que j’ai connue il y a vingt ans. Dans sa façon d’être avec moi et dans la relation que nous entretenons, rien n’a bougé », insiste ce dernier.
Sur le terrain comme dans toute autre activité, Antoine Dupont reste toutefois un compétiteur dans l’âme. « Si on lui propose d’aller faire un padel ou n’importe quoi d’autre, c’est pour gagner. Ce qui l’anime au quotidien, c’est vraiment la compétition, le défi et la victoire », explique Gauthier.
La finale du jour a toutefois fait exception : l’équipe All Stars d’Antoine Dupont s’est inclinée face à des enfants issus de clubs de la région toulousaine, au terme d’une affiche de haute volée. Certains d’entre eux représentaient l’association Together Tomorrow, dont Antoine Dupont est le parrain et qui propose un accompagnement et des séjours à des enfants placés sous la protection de l’Aide sociale à l’enfance.
« Le souvenir de sa passion »
Tous les participants à cette journée partageaient un même lien : la passion du rugby. Lors de la finale de rugby touch, Antoine Dupont dispute une manche de « pierre, feuille, ciseaux » avec le capitaine de l’équipe des enfants pour décider de l’engagement. Face à lui, Titouan, jeune joueur de rugby à Servian, dont la vidéo invitant son idole à venir pour son cinquième anniversaire était devenue virale sur les réseaux sociaux quelques mois plus tôt.

Quelques instants plus tard, le jeune Titouan court, ballon en main, le sourire jusqu’aux oreilles, et enchaîne les crochets face à Cyril Baille, Teddy Thomas et Julien Marchand.
« C’est le souvenir de sa passion. On ne pouvait pas savoir qu’il atteindrait ce niveau, même si c’était son rêve, comme tous les gosses, décrit Jean-Luc Galès. Mais lui était tellement passionné par ce sport que lorsqu’il regarde en arrière aujourd’hui, il peut se dire qu’il a concrétisé ce en quoi il croyait. Il y a cru, et il a aussi eu les circonstances favorables pour y parvenir, car il faut une grande part de chance. »
Alors peut-être que la relève d’Antoine Dupont était présente ce jour-là à Blagnac, et que dans vingt ans, cette journée prendra tout son sens si l’un de ces enfants en tire une conviction intime : celle que son idole, malgré tout ce qu’elle représente aujourd’hui, n’est pas inatteignable.