Aston Martin 2026 : super catalogue pour Supercars

En quelques années, la firme de Gaydon, en Angleterre, a totalement renouvelé sa gamme. Pas l’allure de ses voitures ! Elles ont toujours cette classe qui les caractérisent. Le véritable changement vient de la technologie qui les anime : plus besoin d’être un pilote chevronné, au mieux James Bond, les Aston Martin sont « vraiment » devenues des vraies voitures, mieux, des supercars!
Aston Martin Valour

On pourrait fêter l’anniversaire de cette renaissance, plutôt de cette « révolution », quand cela fait dix ans qu’Aston Martin présentait la DB11 au Salon de Genève, en 2016. Je me souviens parfaitement de la transition entre cette version et la précédente, la très belle mais très aléatoire DB9, dont le comportement, la boite de vitesse, la tenue de route laissaient à désirer, n’en déplaise à David Brown qui racheta la firme en 1947 et dont les initiales marquent toujours les véhicules.

Cette DB 11, qui n’est plus au catalogue depuis 2023, a été d’abord dotée du V12 de 5.2 l développé par Aston Martin (608 ch à 6 500 tr/min,700 Nm), pour recevoir ensuite le V8 de son partenaire Mercedes-AMG, avec ses 2 turbocompresseurs, un peu moins puissant : 510 ch à 6 250 tr/min, 675 Nm, mais la voiture a perdu 115 kg et bénéficie d’une meilleure répartition des masses grâce à la disposition centrale avant de son moteur. On en trouve d’ailleurs de très belles d’occasion, à des prix qui prouvent l’intérêt qu’elle a suscité (Entre 120 et 180 000 € en coupé, 130 et 195 000 en cabriolet).

 

Un catalogue complètement renouvelé en deux ans

Depuis 2023 donc, deux petites années ont complètement bouleversé la donne. On commence par cette puissante DB 12, celle qui a signé nouvelle ère pour Aston Martin, avec son V8 bi-turbo de 4 litres assemblé à la main dont la puissance est aujourd’hui de 680 chevaux (800 Nm), qui se présente en 5 versions. Au coupé s’ajoute la DB 12 S, le S venant ajouter un petit plus (700 ch, 800 Nm 0 à 100 km/h en 3,5 s, 325 km/h), les deux avec des versions « Volante » (Cabriolet), comme une édition spéciale :  la Volante-60th-anniversary-editions, personnalisée par le département « Q by Aston Martin », du bel ouvrage. Nous avions essayé ces différents modèles, entre Monaco (là où la firme a une très belle concession) et la Provence, pour de beaux moments de plaisir sans mauvaises surprises, que du bonheur.

 

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Aston Martin DB12
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Aston Martin DB12
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Aston Martin DB12

 

Les ailes du désir, les ailes du plaisir

Wim Wenders ne m’en voudra sûrement pas de plagier le titre de son film pour évoquer les années qui ont suivi cette renaissance (2024-2025) quand la firme a présenté dans la foulée deux de ses modèles mythiques, la Vantage et la Vanquish, tous les deux déclinés en version cabriolet, toutes arborant leur insigne incontournable.  Ces fameuses ailes qui ornent le capot ont une histoire qui remonte à 1927 quand le logo de l’époque est remplacé par ces ailes déployées dessinées par Sammy Davis, pilote de course et rédacteur en chef de The Autocar, puisant son inspiration dans la mythologie égyptienne très tendance à l’époque et qu’il afficha sur sa propre voiture de compétition, la LM1, modifiée pour rouler avec au quotidien. Cet emblème sera modifié une première fois en 1930, présentant des ailes effilées et pointues, puis en 1932, se parant de plumes, le nom de la firme en son centre, lettres argent sur fond noir : tout le monde le reconnaît. Comme la calandre qui grossira ou maigrira selon les modèles et les années, mais restera absolument identifiable au premier coup d’œil !

 

Vantage, Vanquish, en coupé comme en cabriolet

La Vantage est née dans les années 1950 pour désigner les modèles DB 2 voués à la compétition, puis, plus tard, les fameuses DB5 chères à James Bond. Lors de sa présentation, nous avons pris la route menant au circuit de Monteblanco. Si la version « route » de cette voiture imposait le respect avec le fameux V8 de 4 litres bi-turbo (800 Nm, 0 à 100 km/h en 3,5 s, 325 km/h –la plus rapide de son histoire !), ce n’est sûrement pas un hasard si elle était dévoilée en même temps que la nouvelle voiture de course de la firme, la Vantage GT3. Alors, nous partageant entre la route le circuit, nous avons profité un maximum de cette voiture dans sa version coupé dans un premier temps, puis quelques petits mois plus tard en cabriolet. Sublimes moments.

Des moments sublimes, nous en avons connu d’autres cette même année avec la présentation de la Vanquish passant alors du V8 au V12 de 5,2 litres à double turbocompresseur, associé à une boîte auto ZF à 8 rapports, qui développe la puissance la plus imposante de sa catégorie avec 835 chevaux et 1000 Nm (0 à 100 km/h en 3,3 s). Avec une vitesse maximale de 345 km/h, il s’agit du modèle de série le plus rapide jamais produit par Aston Martin. Pour le coup, j’ai vraiment regretté de ne pouvoir faire quelques tours de circuit – n’importe lequel ! – même si un petit weekend à Monaco en Vanquish, ce n’est pas mal non plus. Dommage, j’avais le coupé pour me promener sur la Côte d’Azur.  C’est en Autriche que j’ai pu découvrir le cabriolet un peu plus tard. Et conduire un tel bolide en version découvrable dans un pays qui a une autre notion des vitesses limites, c’est vraiment formidable.

 

Aston Martin Valhalla : on vous met un peu d’électricité ?

C’est tout récemment que j’ai pu essayer, dans des conditions optimales, la sublimissime Valhalla, en Espagne, sur circuit qui plus est.  Il y a longtemps qu’Aston Martin nous parle de son modèle, légendaire avant d’être produit. Nous avions d’abord assisté à une présentation statique à Genève, en 2019, puis à Monaco, en 2023, des moments frustrants qui posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses quand on ne sait même pas si la version finale sera identique. En réalité, entre les deux années, elle avait évolué, passant d’un moteur thermique assisté par 2 moteurs électriques pour cumuler 950 ch, à la version actuelle comprenant 3 moteurs électriques pour 1079 ch, large aileron arrière en prime. On l’avait vu aussi l’an dernier, en prélude au Grand Prix de Monaco, avec à son volant Fernando Alonso. Il fallait bien ce pilote talentueux pour une telle machine, et un lieu aussi emblématique pour découvrir la version finalisée. Elle est belle et a tenu ses promesses, pour le style comme pour les performances.

 

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Aston Martin suite Valhalla
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Aston Martin suite Valhalla

 

Conduire une supercar de 1079 ch sur circuit…

C’était donc en mars dernier, sur le circuit de Navarre (Circuito de Navarra), pas très loin de la frontière française, du côté de Pampelune. Si le circuit est assez récent : 2010, il a été réaménagé en 2024 avec un nouveau tracé amélioré, étendant la configuration de 3,9 km à 4,3 km. Il y a 5 Aston Martin Valhalla à la parade. Trois sont prévues pour le circuit, deux vertes et une « orange et bleue typée course », deux pour la route : une autre verte et une blanche.

 

Construite pour la course et faite pour la route… Ou inversement

Il était prévu de couper la journée en deux : le matin pour la conduite sur route, l’après-midi sur circuit, le tout sous un soleil estival : 26 °. En prélude, les experts de la firme de Gaydon se succédaient pour nous donner les détails de cette voiture qui se distingue par toute une série de « premières » : première supercar à moteur central produite en série, première hybride rechargeable, première voiture de série à disposer d’une autonomie VE dédiée. C’est aussi le premier modèle de la marque à utiliser le moteur V8 biturbo de 4,0 litres – le plus performant jamais monté sur une Aston Martin – et le premier également à adopter la toute nouvelle boîte de vitesses à double embrayage (DCT) à 8 rapports. Ne restait plus qu’à essayer cette beauté sauvage, absolument superbe dans sa livrée Lime Green.

Je pensais être accompagné pour cette virée dans le Pays basque espagnol, mais c’est seul que je prends le volant pour deux heures anthologiques dans cette campagne, sur des routes absolument superbes. Premier constat, par rapport au modèle en exposition sur le circuit, l’intérieur est cossu : cuir fauve et moquette en harmonie. Le siège baquet a laissé place à un beau fauteuil dans lequel je m’installe avec autant de plaisir que d’appréhension : pas forcément évident de prendre une route méconnue avec une voiture méconnue…qui vaut presque un million d’euros !  Pour autant, pour avoir conduit toutes les Aston Martin présentées depuis 2023, je n’étais pas trop dépaysé. Il m’a fallu cependant une bonne demi-heure pour me sentir vraiment à l’aise : la bête est puissante ! J’avoue que je n’ai pas utilisé la fonction « Race » sur la molette qui conditionne l’usage de la boite de vitesse (8 rapports), démarrant en Sport, pour ensuite passer en Sport +, un changement très sensible qui modifie autant le bruit de l’échappement que certains critères de conduite comme la suspension par exemple, tandis que le large écran de la console centrale suit ses changements de mode. Il y a un second écran pour le GPS et les fonctions de la voiture : climatisation, chauffage, radio, et plus encore. J’avoue encore qu’il est difficile de conduire « sobrement » dans une telle voiture quand la puissance, la facilité de conduite à basse vitesse (80 km/h en principe sur les routes espagnoles), comme au-delà, incitent à faire « plus », surtout sur ces routes désertes qui enchainaient les belles lignes droites et les virages tentateurs.

 

16 tours de circuit absolument magiques

L’après-midi était consacré à la conduite sur ce fameux circuit de Navarre. C’est la charmante Ryanna, 24 ans, pilote essayeuse d’Aston Martin, et également compétitrice en Aston Vantage GT4, qui prend d’abord le volant, autant pour m’expliquer la voiture sur circuit que de me le présenter : les points de corde, les vitesses idéales, les virages… Premier constat : le siège baquet en carbone a remplacé celui en cuir. Sur l’écran, s’affiche la configuration « Race ». Cela change tout ! Pas d’aides à la conduite, ou si peu.  Après deux tours de présentation, Ryanna me laisse le volant et s’installe à mes côtés. Mon premier tour est déjà grisant et pourtant, je ne force pas la cadence. Il faut que je mémorise le circuit. Je fais 4 premiers tours en sa compagnie. À la deuxième session, elle me laisse seul : je suis donc livré à moi-même. À la fois un bonheur comme la crainte de ne plus suivre ses bons conseils. Ce n’est plus grisant, c’est euphorisant. Je ne suis pas un pilote, seulement un conducteur un peu plus habitué que d’autres à ce genre d’exercice. Je prends un plaisir extrême. 243 km/h au bout de la ligne droite, 245, 247, je ne ferai pas mieux (de toute façon, la ligne droite était trop courte pour atteindre les 350 km/h que revendique cette Aston). Il est clair que si je maîtrisais mieux le freinage progressif, je sortirais mieux des courbes et attaquerais la fameuse ligne droite dans de meilleures conditions. Qu’importe ! Je profite pleinement de l’expérience : 16 tours en Valhalla, c’est un souvenir « énorme ». Et puis j’ai pu voir dans mon rétro le fameux aileron se mettre en place. En version Sport +, il se lève légèrement à 90 km/h, pour sortir complètement à partir de 140 km/h, sur circuit donc. Avec un appui de 650 kg, il confère une tenue de route exemplaire et assiste le freinage.  Nul doute que les 999 acquéreurs potentiels de cette voiture sauront apprécier. Toutes n’ont pas été vendues : il en reste !

 

Des éditions spéciales et des voitures de course pour les amateurs et professionnels

On a déjà parlé de la DB 12 Volante-60th-anniversary-editions, personnalisée par le département « Q by Aston Martin », on pourrait lui ajouter la même déclinaison pour la Vanquish, ou encore l’Aston Martin Valiant. Présentée en juin dernier au festival de vitesse de Goodwood, une autre édition spéciale exclusive, conçue pour la piste et homologuée pour la route, a été développée par le même service sur mesure Q by Aston Martin, et ne comptera que 38 exemplaires. Fruit d’une commande personnelle de Fernando Alonso, pilote de l’écurie de Formule 1 Aston Martin Aramco, cette Valiant, dotée du superbe V12 biturbo de 5,2 litres de 745 ch associé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports, perpétue la longue tradition de la marque de développer des éditions spéciales de collection.

 

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Aston Martin Valiant

 

Il y a une autre série spéciale : la « Valour » – je n’en ai encore jamais vue ! Seulement 110 exemplaires de ce bolide porteur de l’emblématique moteur V12 bi-turbo de 5,2 litres placé à l’avant et développant 715 chevaux (753 Nm). S’il vous en faut plus, la Valkyrie entre dans la danse ! Elle grimpe dans les tours avec 4 versions (deux pour la course). 1140 chevaux pour 1270 kilos, 354 km/ pour la première version, toujours déclinée en « Volante » : on ne va pas vous faire un dessin, c’est du très lourd. Mais comme je les ai seulement vues et pas essayer, j’en reste au rêve. Il y a deux autres versions : l’AMR Pro, pour les pro donc, et la Valkyrie MR, « l’incarnation ultime de notre hypercar du Mans » affirme le catalogue qui se conclut en présentant l’AMR25 Formula One® Car 2025 telle que l’on pourra la suivre sur le circuit de F1 de cette année et notamment à Monaco. Nous y serons.

 

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Aston Martin Valour

 

Sacrée collection (même si j’ai occulté volontairement les fameux SUV : DBX et DBX S) ! On veut bien cette collection-là, tous les modèles sont dignes d’y figurer. On pourra lui ajouter dans quelques semaines la toute nouvelle Vantage S que nous allons essayer sur la Côte d’Azur : on vous racontera.

 

*Les premières Vantage sont arrivées sur nos routes au second trimestre 2024. A partir de 199 700 €. Les prix de la Vanquish :  à partir de 390 000 €. La Valhalla : à partir de 988 000 €. Les versions spéciales sur demande !

 

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