Players Championship 2026 : retour sur les paris du tournoi à TPC Sawgrass

Le Players Championship, disputé en mars à TPC Sawgrass, s’était une nouvelle fois révélé difficile à décrypter, mais nos journalistes, éditeurs et experts en paris s’étaient réunis pour analyser les principales intrigues et partager leurs meilleurs paris pour la semaine du tournoi.
Players Championship
L'Américain Cameron Young, lors du Players Championship 2026 : retour sur les paris du tournoi à TPC Sawgrass, le 15 mars 2026. Crédit photo : Icon Sport

Le PGA Tour s’apprêtait alors à disputer son événement phare de la saison : le Players Championship, joué à TPC Sawgrass. Historiquement, le parcours avait sacré aussi bien des légendes (Tiger, Rory, Scottie) que quelques vainqueurs plus inattendus (Craig Perks, Fred Funk). Son caractère imprévisible ouvrait la porte à de nombreuses opportunités de paris — précisément ce que cet article entendait explorer.

Pour décrypter l’ensemble, un panel de journalistes et éditeurs golf de Sports Illustrated avait été réuni : Bob Harig, John Schwarb, Max Schreiber et Jeff Ritter, accompagnés de deux experts en paris, Iain MacMillan et Brian Giuffra, issus de nos partenaires SI Betting et FanSided. Direction TPC Sawgrass.

 

Quels profils statistiques privilégiez-vous pour TPC Sawgrass, sachant qu’un consensus général affirme que le parcours ne favorise aucun type de joueur en particulier ?

Bob Harig, SI Golf : C’est assez simple : le pourcentage de greens en régulation. Bien sûr, cela recouvre beaucoup de choses. Impossible de manquer les fairways et d’atteindre les greens derrière. Mais TPC Sawgrass reste un parcours très subtil. Se créer des occasions reste primordial. On peut signer de bons scores tout en manquant beaucoup de greens, mais ce n’est clairement pas une stratégie recommandée.

Brian Giuffra, SI Betting : Même s’il est vrai que le Players peut couronner des profils variés, il existe tout de même un modèle assez clair : d’excellents frappeurs de balle au départ, combinés à une élite sur le jeu de fers. La capacité à éviter les bogeys et la qualité du petit jeu comptent également, mais si l’on regarde les vainqueurs des cinq dernières années (Rory, Scottie à deux reprises, Cam Smith et Justin Thomas), tous arrivaient avec soit de solides statistiques au départ, soit à l’approche — voire les deux — en grande forme.

John Schwarb, SI Golf : Précision au drive et putting. Ce n’est pas une surprise, mais vous ne pouvez tout simplement pas manquer les fairways sur le Stadium Course et espérer jouer la victoire. Les greens dessinés par Pete Dye sont très ondulés et devraient devenir particulièrement rapides et piégeux le week-end en l’absence de pluie.

Iain MacMillan, SI Betting : La précision au drive est cruciale à TPC Sawgrass. Ce n’est pas un parcours où l’on peut se contenter de frapper fort et improviser ensuite, surtout depuis que le PGA Tour a épaissi le rough à 3,5 pouces en 2024. Depuis, c’est devenu l’un des parcours les plus punitifs du calendrier en cas de départs imprécis. Bien sûr, le jeu de fers reste essentiel, mais si un joueur ne trouve pas les fairways, la qualité de ses attaques de greens importera peu.

Max Schreiber, SI Golf : Le jeu au départ et les coups d’approche. En somme, d’excellents frappeurs de balle. Regardez les récents vainqueurs : Rory McIlroy, Scottie Scheffler et Justin Thomas. Les joueurs correspondant à ce profil sont ceux qui finissent par triompher.

Jeff Ritter, SI Golf : Comme certains l’ont déjà mentionné, j’accorde beaucoup d’importance à la qualité du jeu de fers chez les joueurs sur lesquels je mise. Mais au vu du calibre des derniers vainqueurs, je regarde aussi de près la forme du moment et le classement mondial. Je ne pense pas que cette édition prête à un scénario de conte de fées.

Pour améliorer le rythme de jeu, cette édition du Players sera la première à se disputer avec un champ réduit à 120 joueurs, contre 144 ces dernières années (123 avec l’ajout de Brooks Koepka et de deux suppléants). Ce format plus resserré vous paraît-il plus intéressant dans une optique d’analyse et de paris ?

Bob Harig, SI Golf : Non, car il est peu probable que l’un des joueurs situés en bas du champ s’impose de toute façon. Certes, le tournoi a couronné des profils variés au fil des années, mais aucun n’était au point d’être à la limite de l’intégration au champ.

Brian Giuffra, SI Betting : Cela ne change rien. Les outsiders peuvent parfois jouer les premiers rôles, mais ils gagnent rarement ici. Avec un plateau aussi dense au sommet, la hiérarchie finit généralement par s’imposer, au point que ces derniers joueurs du champ pèsent à peine dans les analyses des parieurs.

John Schwarb, SI Golf : Je n’aime pas cette décision pour le tournoi lui-même, et je ne la trouve pas non plus favorable du point de vue des paris. Les marchés liés au cut sont ceux où j’aime trouver de la value, et il y a souvent de bonnes opportunités en bas de tableau dans un champ complet. Ce n’est ni un U.S. Open avec des joueurs issus des qualifications, ni un PGA Championship avec des pros de club : ici, tous les joueurs du PGA Tour sont capables de passer le cut.

Iain MacMillan, SI Betting : L’impact sera limité. Les joueurs absents cette année — ceux qui auraient complété un champ à 144 — auraient de toute façon affiché des cotes si élevées qu’ils n’auraient pas influencé le reste du marché des paris. Avec 120 joueurs, il reste encore largement de quoi tenter des coups sur des outsiders.

Max Schreiber, SI Golf : Personnellement, j’aime voir le plus grand nombre possible de joueurs au départ, mais ce n’est pas comme si les vingt joueurs supplémentaires des années précédentes avaient de réelles chances de victoire. Donc, au fond, cela ne change pas grand-chose.

Jeff Ritter, SI Golf : Aucun de ces vingt derniers ne figurerait sur ma liste. Je ne les considère pas dans mes sélections.

 

Shane Lowry semblait se diriger vers la victoire il y a deux semaines au PGA National avant de tout perdre dans l’eau aux trous 16 et 17. Il avait également laissé échapper le Dubai Invitational plus tôt cette année avec un double bogey sur le dernier trou. Lorsqu’un joueur connaît ce type d’effondrement à l’approche d’un grand rendez-vous, les écartez-vous immédiatement de vos sélections ?

Bob Harig, SI Golf : Ça dépend. Était-ce un échec dont il ne peut pas se remettre ? Au final, Lowry jouait bien et a simplement connu deux mauvais trous au PGA National. Son jeu est-il en place ? Correspond-il au parcours ? Ce sont des facteurs bien plus déterminants.

Brian Giuffra, SI Betting : Oui. Quand je vois quelqu’un craquer de cette manière, c’est clairement dans la tête que ça se joue. Et cela ne change pas du jour au lendemain, sauf s’il dispose d’une avance insurmontable. Miser sur lui revient donc non seulement à parier sur sa victoire, mais aussi sur le fait qu’il s’imposera avec une marge suffisante pour ne pas pouvoir s’écrouler sur le retour.

John Schwarb, SI Golf : Oui. Trouver un vainqueur relève souvent d’un processus d’élimination, et rayer les joueurs encore marqués par une désillusion récente est un bon point de départ. Cela dit, je ne suis pas surpris de les voir rebondir ensuite. Simplement, ils ne figurent pas dans mes choix.

Iain MacMillan, SI Betting : Tout dépend des cotes du joueur. Si un golfeur figure parmi les 20 premiers du tableau des cotes malgré un historique de difficultés à conclure, je l’écarte sans hésiter. En revanche, si ses cotes sont nettement plus élevées que d’habitude à la suite d’un récent effondrement, je peux être tenté de jouer le coup. La plupart des joueurs étiquetés comme “chokers” finissent par franchir ce cap. Regardez Xander Schauffele, vainqueur du PGA Championship 2024, ou Tommy Fleetwood, sacré au Tour Championship l’an dernier.

Max Schreiber, SI Golf : Pas forcément. Dans ce genre de situation, je repense toujours à Kyle Stanley. Il avait laissé filer une avance de trois coups au dernier trou du Farmers Insurance Open 2012 avant de perdre en playoff. Pourtant, il s’était repris dès la semaine suivante en remportant le WM Phoenix Open.

Jeff Ritter, SI Golf : Les meilleurs joueurs du monde trouvent toujours un moyen de se relever d’une déception. Regardez Rory à Augusta. Mais la blessure de Lowry est encore récente. Oui, il a très bien joué pour se mettre en position de gagner, et je suis certain qu’il remportera à nouveau un tournoi sur le Tour, mais je ne le vois pas gagner cette semaine. C’est trop tôt.

Le Masters n’a plus vu un joueur s’imposer dès sa première participation depuis Fuzzy Zoeller en 1979, et le Players n’est guère plus accueillant pour les débutants : Craig Perks reste le dernier à avoir triomphé pour sa première apparition à TPC Sawgrass, en 2002. Accordez-vous une réelle chance aux rookies cette semaine ?

Bob Harig, SI Golf : C’est avant tout une question de probabilités. Il y a bien plus de joueurs expérimentés que de novices, ce qui réduit automatiquement les chances de voir un nouveau venu s’imposer. Marco Penge est un débutant intrigant, arrivé sur le PGA Tour via le DP World Tour. Le voir performer ne serait pas surprenant. Mais je ne miserai pas sur une victoire d’un rookie.

Brian Giuffra, SI Betting : C’est presque la même réponse que pour les outsiders — même si tous les débutants n’en sont pas. Le champ est tellement dense et dominé par l’élite qu’il est difficile d’imaginer un rookie percer. Dommage que Jacob Bridgeman ait déjà joué ici l’an dernier, car je l’aurais cité. Pourquoi pas Michael Thorbjornsen ? Il frappe très fort et reste précis au départ. Je suis sûr qu’il attirera quelques paris cette semaine, même si je préfère rester à l’écart.

John Schwarb, SI Golf : Michael Brennan domine le circuit en strokes gained tee-to-green (gain de coups du départ au green), et j’ai hâte de voir comment il pourra exploiter cet atout sur le Stadium Course. Mais sa cote à 310 contre 1 chez DraftKings illustre bien la difficulté de s’imposer en tant que débutant.

Iain MacMillan, SI Betting : Avec un champ aussi relevé que celui du Players, il est difficile d’identifier un débutant ayant une réelle chance de victoire. En général, il s’agit soit d’un Européen disputant sa première saison sur le PGA Tour, soit d’un jeune tout juste sorti du circuit universitaire. Cette année, un nom correspond particulièrement à la première catégorie : Marco Penge. Auteur de plusieurs succès sur le DP World Tour l’an dernier, il a déjà signé une 16e place au Genesis Invitational cette saison. Excellent au driving, il possède un profil qui semble bien adapté à TPC Sawgrass.

Max Schreiber, SI Golf : Oui, c’est possible. Mais si vous misez réellement sur cet événement, il est sans doute plus prudent de privilégier un joueur déjà expérimenté ou ayant de l’expérience à TPC Sawgrass.

Jeff Ritter, SI Golf : Non, aucun rookie ne gagnera cette fois. Le champ est beaucoup trop relevé.

Question incontournable : oui ou non sur le pari d’un trou en un au célèbre 17e trou ?

Bob Harig, SI Golf : J’aime bien ce pari. Évidemment, rien n’est garanti, mais le 17e trou a offert de nombreux trous en un au fil des années — bien plus que le trou n°8. Si vous avez envie de tenter quelque chose, c’est une option intéressante.

Brian Giuffra, SI Betting : C’est du pile ou face, comme au Super Bowl. Avec un champ réduit, les probabilités sont légèrement plus faibles. Mais les positions de drapeau sont souvent choisies pour rendre les trous en un plus probables, alors pourquoi pas.

John Schwarb, SI Golf : Je vais jouer la prudence et dire non, en tenant compte du champ réduit, même si les trous en un — et leurs célébrations — restent toujours intéressants pour le spectacle.

Iain MacMillan, SI Betting : Je vais dire oui. Il y a eu un nombre étonnamment élevé de trous en un sur ce trou ces dernières années. Aucun en 2025, mais au moins un lors de chacune des quatre éditions précédentes, dont trois en 2023. Ce type de pari est généralement proposé avec une cote positive, donc ça vaut le coup d’y jeter un œil cette semaine.

Max Schreiber, SI Golf : Chaque année entre 2022 et 2024, il y a eu un trou en un au 17, dont trois en 2023. L’an dernier, la série s’est arrêtée, même si Alejandro Tosti en a réussi un en partie d’entraînement. On s’attend à ce que quelqu’un réussisse un trou en un cette année.

Jeff Ritter, SI Golf : Oh oui, j’adore parier sur les trous en un. Et le Tour pourrait bien placer le drapeau au 17 dans une position favorable pour augmenter les chances. Ce genre d’action finirait sur SportsCenter — et le Tour en serait ravi.

 

Donnez-nous un outsider, avec une cote de 60 contre 1 ou plus, capable de créer la surprise.

Bob Harig, SI Golf : Corey Conners est toujours sous-estimé. Ses difficultés au putting l’ont empêché de gagner davantage, mais c’est un frappeur de balle d’élite qui pourrait parfaitement s’exprimer à TPC Sawgrass.

Brian Giuffra, SI Betting : Sepp Straka attire mon attention à +6500 sur FanDuel. 14e ici l’an dernier, 9e en 2022 et 16een 2024, il apprécie clairement ce parcours. Il a terminé 2e à Pebble Beach il y a quelques semaines et 18e au Waste Management. Il a déjà remporté des tournois importants, mais celui-ci serait le plus grand de sa carrière. Je ne suis pas inquiet concernant la pression avec lui.

John Schwarb, SI Golf : Alex Noren a signé des résultats de T29, T12 et T24 lors des trois Signature Events cette saison, et a terminé 19e ici l’an dernier. DraftKings le propose à 72 contre 1 pour la victoire, mais je suis encore plus intéressé par une cote de +490 pour un top 10.

Iain MacMillan, SI Betting : Aaron Rai se trouve autour de 100 contre 1 cette semaine. Si la précision est déterminante, c’est votre joueur. Il perd des coups au départ en raison de son manque de distance, mais sa précision compense largement à TPC Sawgrass. Il figure parmi les meilleurs du circuit en précision au drive et en greens en régulation ; s’il rentre quelques putts, il peut clairement jouer les premiers rôles.

Max Schreiber, SI Golf : Ryan Gerard. L’un des dix meilleurs joueurs du circuit au jeu de fers, il a débuté la saison avec deux deuxièmes places consécutives et n’a enregistré que deux résultats hors du top 30, dont un cut manqué la semaine dernière à l’Arnold Palmer Invitational. S’il retrouve son niveau, cela pourrait être son véritable moment de révélation.

Jeff Ritter, SI Golf : Jacob Bridgeman a dominé à Riviera pendant trois jours avant de tenir bon le dimanche pour s’imposer. C’était impressionnant. Je suis surpris de le voir à 70 contre 1.

 

Et pour finir, une seule question demeure : qui remportera le Players, et pour quelles raisons ?

Bob Harig, SI Golf : Scottie Scheffler. Un choix évident. Son jeu n’était pas au point l’an dernier lorsque Rory McIlroys’est imposé, après son accident de l’intersaison qui l’avait conduit à un rare résultat hors du top 10. Le double vainqueur sera prêt à effacer cet écart inhabituel.

Brian Giuffra, SI Betting : Je ne dis pas qu’il va gagner, mais Cameron Young à +5000 chez FanDuel représente une belle value. Il n’a pas encore brillé au Players jusqu’ici, mais il est aujourd’hui un joueur très différent. Son jeu d’approche est parfaitement en place, et il gagne régulièrement des coups au départ grâce à son mélange de puissance et de précision. Surtout, son putting a nettement progressé au cours de la dernière année — un facteur qui pourrait être décisif.

John Schwarb, SI Golf : Tommy Fleetwood pourrait réaliser le doublé Players–FedEx Cup, en ajoutant un titre du Players à sa FedEx Cup 2025. Il sort d’une semaine moyenne à Bay Hill (49e), mais avait terminé 4e à Pebble Beach et 7eau Genesis, et possède un solide historique au Players, avec notamment deux top 7.

Iain MacMillan, SI Betting : Si Woo Kim. Il signe en toute discrétion l’un des meilleurs débuts de saison de sa carrière sur le plan statistique et revient sur un tournoi qu’il a remporté en 2017, avec en prime deux top 10 sur les cinq dernières années. Très précis au départ et particulièrement performant à l’approche, il possède le profil idéal. Si son putting répond présent sur des greens où il est en confiance, il a une vraie chance de s’imposer une deuxième fois ici.

Max Schreiber, SI Golf : Chris Gotterup. L’un des plus gros frappeurs du circuit : s’il gagne en précision au départ tout en conservant son superbe jeu de fers — qui lui a déjà permis de devenir le seul double vainqueur cette saison —, il pourrait bien être dans le cercle des vainqueurs dimanche soir, et s’imposer comme le grand favori pour le titre de joueur de l’année.

Jeff Ritter, SI Golf : J’étais prêt à choisir Scottie Scheffler il y a quelques semaines, mais il semble légèrement en retrait, et je ne suis pas certain que Sawgrass soit l’endroit idéal pour retrouver son meilleur niveau. Le fait que chacun ici ait désigné un vainqueur différent illustre à quel point ce tournoi est ouvert. Je vais donc partir sur un autre nom : Collin Morikawa, l’un des meilleurs joueurs de fers au monde, déjà vainqueur cette saison et tout juste sorti d’un nouveau top 10 à l’Arnold Palmer Invitational.

Article publié le 09/03/2026 sur si.com. Traduction : Lisa Deleforterie
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