En quatre matchs contre des clubs de Ligue 1 cette saison (en comptant le trophée des Champions perdu 0-1 contre Lens le 16 août et les trois premières journées de championnat), Paris n’a pas gagné une seule fois.
Le raccourci est facile : les joueurs du PSG ont-ils des difficultés à se motiver avec les affaires domestiques, eux qui s’éclatent des plus hautes sphères où ils s’offrent des trophées d’un autre prestige ? Justement, la Ligue des champions revient. Et le vrai PSG avec elle ?
Mercredi soir, les Parisiens accueillent, au Parc des Princes, le Slovan Bratislava pour la première journée de cette compétition dont ils sont doubles tenants du titre.
Ce n’est pas la victoire qu’attendront suiveurs et observateurs tant elle semble évidente. Mais l’impression générale, sur un match complet. Depuis la reprise de la saison en championnat, le PSG a été très irrégulier, même pendant les rencontres : peu inspiré avant de réagir à Rennes (1ere journée) et Lille (2e journée) où il était mené 2-0 avant d’égaliser à chaque fois, puis brillant en première période face à Monaco (3e journée) avant de sombrer. Et un bilan calamiteux avant de passer aux affaires européennes : deux points sur neuf possibles, une 13e place en championnat, avec deux buts encaissés par match. Comment le PSG peut-il être devenu aussi vulnérable ? Car avec deux nuls et une défaite, il a effectué son pire démarrage en Ligue 1 depuis 19 ans !
« Si vous voulez parier qui va être champion à la fin du Championnat, on peut parier. Sept points de retard ? Ok, on va chercher à rectifier ça le plus vite possible », a déclaré, bravache, Luis Enrique après la défaite contre le club de la Principauté.
Et si l’effectif n’avait pas été renforcé, là il aurait dû l’être ? Le roc, Pacho, défenseur central, n’a pas beaucoup eu de repos depuis son arrivée à l’été 2024, tant il est indispensable. Son début de saison est un peu poussif. La paire qu’il forme avec Marquinhos a sombré en deuxième mi-temps contre les Monégasques. Et il n’y a pas de solutions de recours très fiables en cas de moins bien. L’Ukrainien Zabrnyi dispute des matchs au compte-gouttes depuis deux ans alors qu’il n’a pas joué la Coupe du monde et devrait être très frais en ce début de saison. Beraldo, lui, n’a jamais convaincu à ce poste. Et Lucas Hernandez a rarement la confiance de son coach. Enfin, dans les buts, Matveï Safonov affiche un niveau qui oscille entre moyen et insuffisant, avec deux arrêts décisifs seulement lors de ces trois premières journées de Ligue 1.
L’équipe ayant peu changé après ces deux dernières saisons quasi-parfaites au niveau national et européen, les joueurs ont-ils, inconsciemment, l’idée que tout va donc se remettre en place en un claquement de doigts ? En effet, seuls des « remplaçants » sont partis, même si Bradley Barcola avait un statut et un temps de jeu plus proches de ceux d’un titulaire. L’équipe-type du PSG 2026-2027 est proche de celles qui ont levé deux fois la Ligue des champions, même si les recrues Maghnes Akliouche et Ferran Torres ont bénéficié, depuis fin août, d’un temps de jeu conséquent.
Les adversaires vont « vriller »
Pour être en pleine forme au moment décisif, plutôt vers mars-avril, le PSG a forcément besoin de monter en puissance. De là à commencer aussi mal…
« Ce n’est pas notre moment mais il faut nous préparer pour l’avenir », a sobrement conclut le coach parisien.
Celui qui a fait du PSG la meilleure équipe de France et d’Europe et certainement le mieux placé pour juger s’il faut s’inquiéter ou pas. Mais il aime surprendre. Son adversaire, parfois ses propres joueurs. Dont il exige qu’ils soient tous polyvalents, capables de jouer à plusieurs postes. Warren-Zaïre Emery, le milieu défensif souvent déplacé arrière droit, où il est d’ailleurs très convaincant, a disputé les deux dernières rencontres… défenseur gauche ! Quant à Ousmane Dembélé, laissé au repos contre Lille, il a débuté sur le banc face à Monaco. Le PSG est donc toujours en rodage et intègre progressivement ses deux recrues phares, Akliouche et Ferran Torres, en bousculant une hiérarchie qui a apporté toute satisfaction.
« Je fais confiance à Luis Enrique. Il sait faire en sorte que son équipe soit prête au bon moment. Ils vont tous vriller quand le PSG sera prêt », assure Bixente Lizarazu, consultant et commentateur TF1.
Les supporters attendent patiemment le déclic. Et justement, voilà la compétition fétiche des joueurs parisiens. Idéal pour se relancer ou plutôt se lancer enfin ? Les Parisiens ont déjà montré une certaine suffisance sous prétexte qu’en face il n’y a pas le Bayern, le Real ou City. Car les références du club slovaque sont particulièrement minces avec une seule participation à la Ligue des Champions depuis que la compétition porte ce nom, en 2024-2025, et une élimination dès la phase de groupes. Tout autre résultat qu’une victoire contre un adversaire aussi modeste serait, cette fois, alarmant.