Michael Olise en couverture du premier numéro de Sports Illustrated France

À 24 ans, le virevoltant gaucher électrise l'attaque de l'équipe de France de football. L'ailier du Bayern Munich est en train de marquer de son empreinte la Coupe du monde sur le continent américain. C'est pourquoi Sports Illustrated France a choisi de dédier sa première couverture au joueur frisson par excellence.
Michael Olise en couverture du premier numéro de Sports Illustrated France
Michael Olise en couverture du premier numéro de Sports Illustrated France

Billet d’humeur rédigé en préambule de la séquence « Michael Olise : Joueur frisson » par Arnaud Ramsay, rédacteur en chef de Sports Illustrated France.

Parce qu’il déploie sur le terrain, par sa maîtrise des éléments, par ses intelligences multiples, Victor Wembanyama, en dépit de la défaite lors des Finales NBA, aurait mérité la une de Sports Illustrated France. Seul tricolore parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde du sport en 2026 selon Time, corps délié et cerveau en ébullition, il est prodigieux dans ce qu’il a déjà accompli et, surtout, dans les promesses qu’il dessine. L’aura émanant de cet artiste, car c’en est un, est exceptionnelle. Et dire que ce caractère n’a que 22 ans. Prenons l’engagement qu’il a l’étoffe d’un Michael Jordan. Nous aurions pu choisir, aussi, d’afficher en couverture, dans le sillage de Wemby, la nouvelle vague française. Des champions précoces et pressés, une génération désinhibée et décomplexée, naturelle face aux micros, outillée mentalement, ce qui est nouveau.

Des frères Alexis et Félix Lebrun (tennis de table) à Désiré Doué et Warren Zaïre-Emery (football), de Léon Marchand (natation) à Paul Seixas et Paul Magnier (cyclisme), de Moïse Kouamé et Arthur Fils (tennis) à Isack Hadjar (Formule 1), de Louis Bielle-Biarrey (rugby) à Dominique Malonga (basket), d’Elena Colas (gymnastique) à Marie-Julie Bonnin (saut à la perche), ces athlètes ont entre 17 et 24 ans.

Et visent la lune. Leur ambition, revendiquée : régner sur le globe. Cette rafraîchissante relève ferait passer Kylian Mbappé, 27 ans, pour un ancien ! « Moi, tu me parles pas d’âge. Tu me parles que de football et de niveau », avait d’ailleurs claironné le capitaine de l’équipe de France, un an après son arrivée au PSG et à quelques semaines du Mondial 2018 qui allait le couronner. Finalement, nous avons opté pour l’un de ses partenaires de l’attaque bleue. Un alien, un ovni, comme Wembanyama : Michael Olise.

Il constitue une merveilleuse anomalie dans le paysage. Fantasque et imprévisible, il ne ressemble à personne, excepté à lui-même. L’ailier insaisissable sur le terrain l’est aussi dans la vie, qu’il traverse avec flegme et nonchalance. Il est en décalage permanent.

C’est ce qui le rend si attachant, si différent. Le joueur du Bayern Munich, surgi dans le décorum à la faveur des JO de Paris 2024 mais crack programmé (à 8 ans déjà, les meilleurs clubs anglais le voulaient), fuit l’exposition. À l’heure où les champions se mettent en scène sur les réseaux pour mieux attirer les sponsors et entretenir une proximité de pacotille, lui esquive les obligations, trop soucieux de sa liberté.

Son talent brut, son instinct créatif, son intelligence situationnelle, ses dribbles déroutants sont, toujours, lui le solitaire, au service du collectif. Olise est un joueur qui rend fou. De bonheur ses équipiers et le public, de douleur ses adversaires. Créer le déséquilibre, être insolent et aérien : il est le prototype du joueur frisson, celui qui assure le spectacle, fait lever les foules.

« Olise crée, Mbappé finit », a résumé Zlatan Ibrahimović après la victoire inaugurale au Mondial contre le Sénégal (3-1) où le singulier gaucher, désigné homme du match, a été repositionné en 10 en seconde période. Pour essayer de percer l’énigme, nous avons demandé à Alexis Menuge, journaliste français installé à Munich depuis 1998 où il couvre l’institution Bayern, de tenter de suivre sa trace. Un exercice pas facile, tant l’étincelle Olise jaillit puis s’évapore. Comment saisir l’essence d’un joueur capable de liquider une conférence de presse de présentation en sept minutes devant des plumitifs médusés, habitués à voir défiler les stars ? La révolution Olise est ainsi. Un style, une personnalité. Il est notre coup de cœur. Et notre pari, pas seulement pour la Coupe du monde.

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le nouveau numéro de Sports Illustrated France, disponible en kiosque à partir du 27 juin.

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