Coupe du monde de football : avantages et inconvénients d’un élargissement de la compétition

Dans quatre ans, 64 équipes pourraient se disputer le titre le plus prestigieux du football, soit 16 équipes supplémentaires par rapport à l’édition 2026.
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L'Espagne soulevant le trophée de la Coupe du monde 2026. | Source : Icon Sport

À peine l’édition 2026 de la Coupe du monde terminée, la FIFA parle déjà d’élargir le tournoi à 64 équipes pour célébrer le centenaire du plus grand spectacle du football.

L’événement phare de cet été, la toute première Coupe du monde à 48 équipes, s’est déroulé en Amérique du Nord pendant près de six semaines et s’est achevé par la victoire de l’Espagne, qui a détrôné l’Argentine. Ce tournoi a offert un spectacle complet au cours de ses 104 matchs, captant l’attention du monde entier malgré les polémiques omniprésentes concernant les prix des billets, les allégeances politiques et les cartons rouges annulés.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a été le fer de lance de cette compétition appelée à rapporter un chiffre d’affaires record de 15 milliards de dollars à l’instance dirigeante du football, avait déjà laissé entendre que la Coupe du monde serait à nouveau élargie pour l’édition 2030, un projet que le président de la CONMEBOL, Alejandro Domínguez, semble avoir confirmé.

« La prochaine se jouera chez nous ! », a-t-il écrit sur X. « En 2030, la Coupe du monde s’installera en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, une formidable opportunité pour le football de célébrer le centenaire de la Coupe du monde avec une compétition réunissant 64 équipes. »

Bien que la FIFA n’ait pas encore officialisé cette décision, la simple allusion à une nouvelle Coupe du monde à très grande échelle a suscité de nombreuses discussions… et encore plus de débats !

Avantages : plus d’opportunités et moins d’absurdités liées à la troisième place

L’élargissement de la Coupe du monde est bien sûr une option séduisante pour l’instance dirigeante. Plus il y a d’équipes en compétition, plus il y a de matchs, ce qui signifie davantage de recettes pour la FIFA, toutes investies dans le développement de ce sport.

Il y a également cette perspective plus romantique que Gianni Infantino a évoquée auprès de la chaîne suisse Blue Sport :

« Quand on organise une Coupe du monde, il est important de l’organiser pour le monde entier. Il ne s’agit pas seulement de l’Europe et de l’Amérique du Sud, mais bien du monde entier, en réalité. Chaque nation devrait pouvoir rêver de participer à la Coupe du monde. »

Il est facile d’adhérer à la déclaration de cet homme de 56 ans, surtout après avoir vu les outsiders voler la vedette cet été. Le Cap-Vert, une équipe dont beaucoup pensaient qu’elle finirait dernière du groupe H, est devenu le plus petit pays à s’être qualifié pour les huitièmes de finale et a failli créer la plus grande surprise de l’histoire de la Coupe du monde face à l’Argentine lors de cette phase.

La Norvège et le toujours charismatique Erling Haaland ont conquis Boston et New York, galvanisant même les supporters américains les plus occasionnels pour soutenir le parcours historique des Norvégiens jusqu’aux quarts de finale. Le Mexique, coorganisateur, a quant à lui offert ce qui fut sans doute le meilleur match de l’été contre l’Angleterre à l’Estadio Azteca.

Inviter davantage d’équipes à participer ne fait qu’accroître les chances de résultats surprenants et d’histoires inédites. Cela donne aux nations souvent négligées l’occasion de s’illustrer sur la scène mondiale et de redonner de l’espoir à leurs compatriotes, à l’instar de la République démocratique du Congo cet été.

Une Coupe du monde à 64 équipes garantit également une phase de poules riche en action, avec des matchs à suivre pratiquement toute la journée, tous les jours, un rêve pour la plupart des supporters à travers le monde. De plus, si la FIFA optait pour 16 poules de quatre, il n’y aurait plus de matchs pour la troisième place : seules les deux meilleures équipes de chaque poule se qualifieraient pour les seizièmes de finale, éliminant ainsi la méthode largement impopulaire de l’édition de cet été.

Inconvénients : disparité de niveau et résultats déséquilibrés

Le principal inconvénient d’une Coupe du monde à 64 équipes réside dans le niveau de la compétition. Déjà, avec 48 équipes, les critiques allaient bon train concernant l’écart de niveau entre les nations. Curaçao s’est qualifiée pour la Coupe du monde pour finalement encaisser neuf buts en trois matchs de phase de groupes. Des équipes comme la Tunisie et l’Irak ont perdu leurs trois matchs, tout comme le Panama, qui n’a même pas marqué un seul but durant la compétition.

En conséquence, bon nombre des premiers matchs se sont avérés assez simples et faciles à prédire. Même en seizièmes de finale, on a assisté à quelques rencontres très déséquilibrées, notamment lorsqu’une grande nation affrontait une équipe classée troisième qui se contentait simplement d’être présente.

Les écarts entre les équipes ne feront que s’accentuer avec l’arrivée de 16 nations supplémentaires en 2030. Un plus grand nombre d’adversaires peu compétitifs risque alors de fausser l’histoire de la Coupe du monde, et pas pour le mieux. Qu’est-ce qui empêcherait Kylian Mbappé d’abuser des équipes les plus faibles pour creuser son avance au classement des buteurs ? Qu’est-ce qui empêcherait les gardiens de but d’enchaîner les clean sheets face à des nations qui ne se seraient jamais qualifiées pour la Coupe du monde 2022 ?

Nous avons déjà vu un format élargi entacher le caractère sacré des records de la Ligue des champions, et la Coupe du monde serait la prochaine sur la liste. Du jour au lendemain, ce qui est censé être la plus grande scène du football ressemblerait davantage à une farce.

Imaginez si Pelé, Ronaldo ou Miroslav Klose avaient dû disputer une Coupe du monde à 64 équipes ? Honnêtement, ces superstars (et bon nombre des plus grands noms actuellement) n’auraient peut-être même pas eu besoin de fouler la pelouse avant les huitièmes de finale, vu à quel point les matchs de la phase de groupes seraient déséquilibrés.

Les joueurs pourraient également se sentir contraints de faire l’impasse sur le tournoi en raison de sa durée, qui devrait probablement avoisiner les deux mois pour permettre le déroulement d’une phase de groupes aussi élargie. Du coup, les joueurs, qui bénéficient déjà de si peu de repos tout au long de la saison, disposeraient désormais d’encore moins de temps pour récupérer correctement pendant l’été, avant le début du championnat national.

Cependant, même tous les inconvénients du monde ne suffiront probablement pas à empêcher la FIFA de voir encore plus grand en 2030, après avoir constaté le succès financier du tournoi de cet été.

Article publié le 21/07/2026 sur si.com. Traduction : Flora Lucas
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