Javier Milei a appelé à un retour de la Formule 1 en Argentine, ce lundi 31 août, lors de l’ouverture du Congrès américain de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), organisé à Buenos Aires en présence du président de l’instance, Mohammed Ben Sulayem.
Le chef de l’État argentin a estimé que son pays disposait désormais des garanties nécessaires pour recevoir à nouveau les grandes compétitions internationales. Il a notamment mis en avant la tradition automobile nationale, l’existence de pilotes argentins et ce qu’il présente comme le rétablissement d’un cadre institutionnel plus favorable.
L’Argentine n’a plus accueilli la Formule 1 depuis le Grand Prix du 12 avril 1998, remporté par Michael Schumacher sur Ferrari à l’autodrome Oscar-et-Juan-Gálvez, dans la capitale. Depuis, le pays est resté absent du calendrier mondial malgré un attachement historique au sport automobile.
Buenos Aires au centre du projet
La perspective d’un retour de la F1 s’appuie principalement sur la rénovation de l’autodrome Oscar-et-Juan-Gálvez. Le site fait l’objet d’un vaste chantier, évalué à environ 100 millions de dollars, qui prévoit une nouvelle piste, des tribunes modernisées et des installations susceptibles de répondre aux exigences des compétitions internationales.
Les travaux, lancés en janvier 2026, doivent permettre à Buenos Aires d’accueillir le MotoGP dès 2027. La ville a également revu une partie du projet – notamment le tracé et les accès – afin de rapprocher le circuit des exigences nécessaires à un éventuel retour de la Formule 1.
Aucune date n’a toutefois été annoncée pour un éventuel Grand Prix d’Argentine et aucun accord avec la Formule 1 n’a été rendu public. L’inscription d’une nouvelle course au calendrier suppose encore un accord commercial ainsi que la validation des infrastructures et de l’organisation.
Un enjeu sportif et politique
Pour Javier Milei, cette candidature s’inscrit dans un discours plus large sur le retour de l’Argentine dans les grands circuits économiques et sportifs internationaux. Le président a présenté la tenue du congrès de la FIA comme un signal de confiance adressé au pays, après des années marquées par l’instabilité financière et les difficultés d’investissement.
Le dossier reste cependant dépendant de plusieurs acteurs. Selon la presse argentine, les négociations avec Liberty Media sont menées par le gouvernement de la ville de Buenos Aires et le promoteur local Grupo OSD. Le gouvernement national n’intervient pas directement dans ces discussions, même si Javier Milei apporte désormais un soutien politique public au projet.
Le contexte sportif est également plus favorable qu’il y a quelques années. La popularité de Franco Colapinto, devenu une figure majeure pour le public argentin, a ravivé l’intérêt local pour la discipline. Une exhibition organisée à Buenos Aires au printemps a attiré une foule considérable, confirmant l’existence d’un engouement populaire capable de soutenir le retour d’un Grand Prix.
Une histoire ancienne avec la F1
L’Argentine occupe une place particulière dans l’histoire de la Formule 1. Le pays de Juan Manuel Fangio, quintuple champion du monde dans les années 1950, a longtemps représenté l’un des grands foyers du sport automobile hors d’Europe. Carlos Reutemann, vainqueur de douze Grands Prix et vice-champion du monde en 1981, a ensuite prolongé cette tradition.
Le Grand Prix d’Argentine a connu plusieurs périodes d’existence, notamment dans les années 1950, 1970 et 1990. Depuis sa dernière édition en 1998, les coûts croissants de la discipline, ses exigences logistiques et les difficultés économiques traversées par le pays ont longtemps compliqué l’hypothèse d’un retour.
Un retour au calendrier constituerait donc un succès politique et sportif pour les autorités argentines. Il permettrait aussi à la F1 de renforcer sa présence en Amérique latine, aujourd’hui concentrée autour du Mexique et du Brésil. Reste à transformer l’appel présidentiel en projet contractuel, puis en circuit homologué. Dans une discipline où la concurrence entre pays hôtes est forte, l’Argentine a relancé sa candidature ; elle doit désormais convaincre.