UTMB 2026 : parcours, format et favoris

Créé en 2003, l'UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc) est devenu l’un des trails les plus prestigieux au monde. Autour de la course reine, longue de 174 kilomètres, sept autres épreuves composent le HOKA UTMB Mont-Blanc, organisé du 24 au 30 août 2026. Les meilleurs spécialistes mondiaux seront au rendez-vous malgré plusieurs forfaits importants.
Au passage du col de la Seigne, 2.515 m - © UTMB Franck Oddoux

Mise en jambes quelques heures avant la nuit. Les 2 500 coureurs s’élanceront à 17 h 45 de Chamonix, vendredi 28 août, pour la course phare de la semaine, l’UTMB. Ils sont amateurs ou membres de l’élite, en quête d’aventure ou d’un chrono.

Et ce qui les attend donne le vertige : 174 kilomètres, environ 9 900 mètres de dénivelé positif et un grand tour du Mont-Blanc à travers trois pays – la France, l’Italie et la Suisse – avant une arrivée au cœur de Chamonix. Le temps maximal autorisé est fixé à 46 h 45.

En plus de l’UTMB, sept autres courses complètent le HOKA UTMB Mont-Blanc. Plus de 10 000 participants sont attendus sur l’ensemble des huit épreuves.

Parmi ces épreuves figurent notamment l’OCC, longue de 60 kilomètres, la YCC, réservée aux jeunes nés entre 2007 et 2012, la PTL, épreuve d’endurance disputée par équipes, ou encore l’ETC, courue sur 15 kilomètres.

« Nous proposons différentes épreuves car tous ne sont pas en capacité de courir 170 kilomètres. Mais aussi parce que, compte tenu de la demande, nous ne pouvons pas faire courir tout le monde au même moment au même endroit. Aucun chemin ou sentier ne le supporterait. Ce n’est pas comme un marathon sur le bitume » explique Isabelle Viseux-Poletti, directrice du HOKA UTMB Mont-Blanc.

Près de 70 % de l’élite mondiale sur les trois finales

Les trois finales des UTMB World Series – l’OCC, la CCC et l’UTMB – réunissent cette année près de 70 % de l’élite mondiale du trail. Le plateau de la course reine reste particulièrement relevé malgré les forfaits de Kilian Jornet et du tenant du titre Tom Evans.

Figure historique de l’épreuve et quadruple vainqueur de l’UTMB, en 2008, 2009, 2011 et 2022, Kilian Jornet a annoncé son retrait quelques jours avant la course en raison d’une blessure persistante au genou gauche.

« Nous comptons, cette année, 70% de l’élite mondiale de l’ultra-trail. C’est un plateau exceptionnel ! Avec Ben Dhiman, 2e l’an dernier ou Vincent Bouillard qui remporté la course à la surprise générale en 2024 avec un temps de 19h 54mn ! Et la course est également très relevée chez les femmes avec notamment Blandine L’Hirondel », se félicite Isabelle Viseux-Poletti, qui est également … la fille des cofondateurs de la course et a donc suivi, aux premières loges, l’évolution de l’événement tout au long de ces années.

Car, en vingt-trois ans, la discipline des trails et ultra-trails en général et l’UTMB en particulier ont explosé en matière de pratique et de popularité. Confidentiel pour les fondus de la montagne à ses débuts, l’UTMB est désormais un événement sportif grand public.

« La catégorie socio-professionnelle qui est majoritaire est celle des CSP+ et notamment citadins. C’était déjà vrai à l’origine. Mais le trail s’est ouvert à de nouvelles populations. Il y a de plus en plus de jeunes, même adolescents et de femmes. La pratique a énormément évolué et de façon rapide. »

Frontale rouge

Justement, l’UTMB est-il en partie victime de son succès ? L’événement attire chaque année des milliers de coureurs venus d’une centaine de pays, mais aussi leurs accompagnants et, pour les meilleurs, leurs équipes. Selon le rapport d’impact publié par l’organisation, les transports représentaient 88 % du bilan carbone de l’édition 2024, dont 85 % provenaient des voyages en avion des coureurs et de leurs accompagnants. Difficile, dans ces conditions, de revendiquer l’image d’un sport « au contact de la nature », alors qu’il s’agit pourtant de la philosophie originelle du trail.

« Chaque année, nous cherchons des améliorations pour limiter l’impact sur la nature. Nous avons des idées pour faire mieux en matière de respect de l’environnement. Parfois cela fonctionne, parfois non. Mais nous essayons d’innover pour que l’événement soit toujours à la pointe de l’éco-responsabilité. Non pas par souci de répondre à la polémique mais parce que cela correspond également à nos valeurs », insiste Isabelle Viseux-Poletti.

Particularité réglementaire cette année : l’une des deux lampes frontales obligatoires de chaque coureur devra disposer d’un mode lumière rouge. Celui-ci devra être activé pendant la traversée de la réserve naturelle des Contamines-Montjoie, sur une portion d’environ sept kilomètres comprise entre le refuge de Nant-Borrant et le col du Bonhomme. Cette mesure vise à réduire le dérangement de la faune, la lumière rouge ayant généralement un impact moindre que la lumière blanche.

Cette vigilance ne fera toutefois pas taire les critiques adressées à cet ultra-trail comme à d’autres, parfois qualifiés « d’usines à coureurs », notamment en raison de la fréquentation des sentiers et de l’érosion des sols.

Une fréquentation devenue difficile à absorber

Durant la dernière semaine d’août, la fréquentation de la vallée de Chamonix augmente considérablement. Les retombées économiques de l’événement sont estimées par l’organisation à environ 45 millions d’euros sur le territoire du Mont-Blanc.

Le nouveau maire de Chamonix, François-Xavier Laffin, élu en mars 2026, souhaite néanmoins redéfinir le cadre de la collaboration entre la commune et l’UTMB.

« Nous souhaitons que l’UTMB continue d’avancer, mais dans un cadre qu’il nous faut malgré tout redéfinir pour l’adapter à la taille de notre vallée et à nos habitants. C’est la condition de notre succès. Aujourd’hui, il ne faut pas s’interdire de se demander si nous n’avons pas trop de coureurs », a-t-il averti.

Entre son poids économique, son rayonnement international et ses conséquences sur la vie locale, l’UTMB doit désormais trouver un équilibre. L’enjeu consiste à préserver l’événement sans ignorer les limites d’un territoire particulièrement sollicité pendant cette semaine.

Quels sont les favoris de l’UTMB 2026 ?

En l’absence de Kilian Jornet et du tenant du titre Tom Evans, Jim Walmsley apparaît comme l’un des principaux favoris. L’Américain, vainqueur de l’UTMB en 2023, retrouvera notamment Ben Dhiman, deuxième en 2025, Vincent Bouillard, vainqueur en 2024, Caleb Olson et le Français Baptiste Chassagne, lauréat de la Diagonale des Fous en 2025.

ben dhiman 2e de lutmb 2025 progresse tres rapidement sur le circuit international il est lun des favoris a la victoire finale cette annee utmb marta baccardit UTMB 2026 : parcours, format et favoris
Ben Dhiman, 2e de l’UTMB 2025, progresse très rapidement sur le circuit international. Il est l’un des favoris à la victoire finale cette année – © UTMB® Marta Baccardit

Chez les femmes, Ruth Croft remettra son titre en jeu face à un plateau particulièrement dense. Courtney Dauwalter tentera de remporter l’épreuve pour la quatrième fois, tandis que la Française Blandine L’Hirondel cherchera à compléter son palmarès après ses victoires sur l’OCC et la CCC.

Riley Brady, Fuzhao Xiang, Abby Hall et Sunmaya Budha figurent également parmi les concurrentes à suivre. Le 28 août, Chamonix sera une nouvelle fois la capitale internationale de l’ultra-trail.

Comment fonctionne l’UTMB Index et comment se qualifier ?

Pour des raisons évidentes de sécurité, l’UTMB n’est pas destiné à un coureur qui n’aurait jamais pratiqué le trail ou participé à une compétition de longue distance.

« Nous souhaitons que les personnes qui veulent courir l’UTMB aient un certain niveau et une connaissance de ce dans quoi elles s’engagent. Et comme il y a quatre à cinq fois plus de demandes que de places, c’est une manière de réserver les dossards à des coureurs qui ont une chance raisonnable de finir l’épreuve », insiste Isabelle Viseux-Poletti.

L’UTMB Index est un indice de performance calculé à partir des meilleurs résultats obtenus par un coureur au cours des 36 derniers mois. Chaque course reconnue génère un score en fonction de la performance réalisée. Les résultats récents ont davantage de poids que les plus anciens.

Pour participer au tirage au sort de l’UTMB, de la CCC ou de l’OCC, le coureur doit posséder un UTMB Index valide dans une catégorie compatible et avoir obtenu au moins une Running Stone au cours des 24 derniers mois. Ces Running Stones sont gagnées lors des courses du circuit UTMB World Series.

Chaque Running Stone représente une chance lors du tirage au sort. Plus un coureur en possède, plus ses probabilités d’obtenir un dossard sont élevées, sans que sa participation soit garantie.

Comment suivre l’UTMB 2026 ?

Le site UTMB Live proposera gratuitement la retransmission vidéo, les analyses et le suivi des coureurs. Les internautes pourront rechercher un participant, consulter ses temps de passage prévisionnels et suivre l’évolution de la tête de course.

L’UTMB sera également diffusé par le groupe L’Équipe, partenaire de l’événement. La chaîne L’Équipe et L’Équipe Live proposeront des directs et des séquences consacrées aux trois finales, selon leur programmation.

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