Wonderligue : ce que pèse économiquement l’élite du basket féminin

Une étude du Centre de droit et d’économie du sport (CDES), consacrée aux douze clubs de La Boulangère Wonderligue sur la saison 2025-2026, évalue à près de 35 millions d’euros le volume d’activité généré par l’élite française et à 290 le nombre d’emplois en équivalent temps plein soutenus. Des chiffres encore contenus à l’échelle du sport professionnel, mais qui dessinent un championnat structuré et bien implanté dans ses territoires.
Carole Force est la présidente de la LFB. (Photo by Loic Cousin/Icon Sport) - Photo by Icon Sport

Une étude du Centre de droit et d’économie du sport (CDES), consacrée aux douze clubs de La Boulangère Wonderligue sur la saison 2025-2026, évalue à près de 35 millions d’euros le volume d’activité généré par l’élite française et à 290 le nombre d’emplois en équivalent temps plein soutenus. Des chiffres encore contenus à l’échelle du sport professionnel, mais qui dessinent un championnat structuré et bien implanté dans ses territoires.

Selon l’étude du CDES, le poids économique de La Boulangère Wonderligue atteint 34,99 millions d’euros pour la saison 2025-2026. Ce montant correspond au volume d’activité généré par les dépenses des clubs et celles de leurs spectateurs.

La plus grande partie de cette activité provient des clubs eux-mêmes. Les douze formations de l’élite ont engagé 30,2 millions d’euros de dépenses, soit 86,3 % du total calculé par le CDES. Cela représente en moyenne un peu plus de 2,5 millions d’euros par club.

La masse salariale constitue le premier poste de dépenses, avec 62 % du total. Les écarts de budget restent néanmoins significatifs. Ils vont de 1,4 million d’euros pour Toulouse à 3,8 millions pour Bourges, selon les données recueillies pour l’étude. Cette dispersion reste toutefois limitée par rapport à d’autres championnats professionnels : le budget du club le plus important est 2,7 fois supérieur à celui du plus petit. Un écart qui témoigne d’un modèle économique relativement homogène entre les douze équipes.

Près de 290 emplois soutenus

L’étude évalue à 290,35 équivalents temps plein le nombre d’emplois soutenus par l’activité de la Wonderligue. Sur ce total, 240,45 emplois sont directement rattachés aux clubs, dont près de la moitié sont occupés par des joueuses. Cette catégorie comprend également les staffs ainsi que les salariés administratifs, commerciaux ou chargés de l’organisation.

Le CDES recense également 14,6 emplois indirects chez les prestataires et fournisseurs, ainsi que 35,3 emplois induits par les dépenses des spectateurs. Les jours de match nécessitent en outre une organisation plus large que ne le montrent les seuls emplois salariés. Entre bénévoles et prestataires, 60 à 70 personnes sont mobilisées en moyenne par rencontre, et plus d’une centaine dans certains clubs.

Cette dimension humaine souligne le rôle des clubs au-delà de leur seule activité sportive, notamment dans des villes où ils constituent des structures professionnelles de haut niveau importantes.

Plus de 300 000 spectateurs sur la saison

La fréquentation des salles constitue l’autre élément central de l’étude. Les 159 rencontres disputées pendant la saison 2025-2026 ont attiré 308 713 spectateurs, soit une moyenne de 1 942 personnes par match. Le taux moyen de remplissage atteint 72 %. La fréquentation progresse peu par rapport à la saison précédente, avec une hausse de 0,5 %, mais elle reste supérieure de 8,8 % à celle constatée deux ans plus tôt.

L’affluence diffère selon les clubs. Bourges a accueilli plus de 48 000 spectateurs sur l’ensemble de la saison et Basket Landes plus de 40 000. Dans plusieurs enceintes, la capacité des salles apparaît toutefois comme un frein au développement de la billetterie. Certains clubs affichent des taux de remplissage élevés sans pouvoir accueillir beaucoup plus de public.

Les dépenses des spectateurs représentent 4,79 millions d’euros d’activité économique, soit 13,7 % du total estimé par le CDES. Hors prix du billet, un spectateur dépense en moyenne 25,35 euros à l’occasion d’une rencontre, notamment pour la restauration, le transport ou l’achat de produits dérivés.

Un public largement autonome du basket masculin

L’étude s’est également intéressée au profil des spectateurs, à partir d’une enquête menée auprès de 2 029 personnes. Le public est composé à parts égales de femmes et d’hommes. Plus de la moitié des personnes interrogées, 55 %, ne sont ni licenciées dans un club de basket ni pratiquantes.

Autre enseignement : un spectateur sur deux déclare ne jamais assister à des rencontres de basket masculin. Un résultat qui tend à montrer que la Wonderligue dispose de son propre public et ne dépend pas uniquement de l’audience traditionnelle du basket français. Cette autonomie peut aussi s’expliquer en partie par une géographie distincte des deux championnats : à l’exception de l’ASVEL, les clubs de Wonderligue ne sont pas implantés dans les mêmes villes que ceux de Betclic Élite. Ce public se caractérise également par une forte fidélité. Ainsi, 45 % des répondants sont abonnés et 47 % assistent à au moins neuf rencontres à domicile pendant la saison.

La consommation ne s’arrête pas aux salles : 73 % des personnes interrogées disent également regarder des rencontres sur LFB TV ou Sport en France.

Le public reste en revanche relativement âgé. Les 35-64 ans représentent deux tiers des spectateurs interrogés, tandis que les moins de 35 ans ne constituent que 16 % du total. Les rencontres attirent aussi un public familial : 61 % des répondants déclarent venir avec d’autres adultes de leur famille et 34 % avec des enfants.

Des marges de progression encore importantes

Pour les clubs et la Ligue féminine, l’étude permet aussi d’identifier plusieurs pistes de développement. L’une concerne la consommation autour des rencontres. 61 % des spectateurs disent rentrer directement chez eux après le match, ce qui limite les dépenses dans les commerces, les restaurants ou les animations organisées à proximité des salles. Le CDES met ainsi en évidence le potentiel de services complémentaires autour des rencontres : restauration, produits dérivés, animations ou partenariats avec les acteurs économiques locaux.

Le développement des infrastructures constitue un autre enjeu. Dans plusieurs villes, les capacités limitées des salles réduisent les possibilités d’augmenter les recettes de billetterie malgré une demande déjà importante.

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