La NBA n’a pas toujours joué 82 matchs. Le format s’est progressivement fixé au fil de l’expansion de la Ligue. Après des saisons à 80 puis 81 rencontres, le calendrier à 82 matchs s’est imposé à partir de la saison 1967-1968, lorsque l’arrivée des Seattle SuperSonics et des San Diego Rockets a porté le championnat à douze équipes.
Depuis, ce chiffre a résisté aux époques, aux changements de règles, à l’explosion des droits TV et à l’arrivée de nouvelles franchises. Il y a bien eu des exceptions, notamment lors des saisons raccourcies par des lock-outs ou par la pandémie de Covid-19, mais le standard reste le même : 82 matchs, soit 41 à domicile et 41 à l’extérieur.
Comment la NBA répartit-elle les 82 matchs ?
Aujourd’hui, avec 30 équipes, le format permet de construire une saison relativement équilibrée. Une franchise affronte davantage les équipes de sa division et de sa conférence, tout en rencontrant aussi les équipes de l’autre conférence.
Concrètement, chaque équipe affronte les quatre autres franchises de sa division à quatre reprises, soit 16 matchs. Elle joue aussi contre les dix autres équipes de sa conférence : six sont affrontées quatre fois et quatre autres trois fois, pour un total de 36 rencontres supplémentaires. Enfin, elle affronte les quinze équipes de l’autre conférence deux fois chacune, une fois à domicile et une fois à l’extérieur, soit 30 matchs.
| Adversaires | Nombre de confrontations | Total |
|---|---|---|
| Quatre équipes de la même division | Quatre matchs par adversaire | 16 matchs |
| Six autres équipes de la même conférence | Quatre matchs par adversaire | 24 matchs |
| Quatre autres équipes de la même conférence | Trois matchs par adversaire | 12 matchs |
| Quinze équipes de l’autre conférence | Deux matchs par adversaire | 30 matchs |
| Total | 82 matchs |
Au total, cette architecture permet d’arriver aux 82 rencontres : 52 matchs contre des équipes de la même conférence et 30 contre celles de la conférence opposée. La multiplication des confrontations entre rivaux directs permet de garantir à chaque public local de voir passer toutes les franchises au moins une fois et de produire un classement suffisamment représentatif sur la durée. Sur 82 matchs, un accident compte moins qu’une tendance. Une mauvaise semaine peut coûter cher, mais elle ne condamne pas une saison.
Ce volume donne aussi de la valeur à la régularité. En NBA, être champion ne signifie pas seulement briller en playoffs : il faut d’abord survivre à six mois de voyages, de blessures, de matchs disputés deux soirs de suite, de fatigue et d’ajustements tactiques.
Une machine économique difficile à réduire
Si le débat revient souvent, notamment autour de la fatigue des joueurs, réduire le nombre de matchs serait un choix lourd. Chaque rencontre génère ou alimente de nombreuses recettes : billetterie, télévision, sponsoring, hospitalités, restauration, vente de produits dérivés et contenus numériques.
Moins de matchs signifierait donc moins de revenus pour la Ligue, les franchises, les diffuseurs et parfois les villes qui accueillent les rencontres. C’est l’une des raisons pour lesquelles le chiffre de 82 perdure : il constitue un compromis économique très rentable.
La NBA a pourtant cherché à moderniser son calendrier sans réduire le nombre de rencontres. Les matchs de la phase de groupes, des quarts de finale et des demi-finales de la NBA Cup comptent également pour la saison régulière. Seule la finale de la compétition s’ajoute au calendrier des deux équipes qualifiées sans être comptabilisée dans leur bilan de saison régulière.
En pratique, la NBA ne fixe d’abord que 80 des 82 rencontres de chaque équipe. Les deux derniers matchs sont programmés en fonction des résultats obtenus en NBA Cup, afin que toutes les franchises atteignent finalement les 82 rencontres de saison régulière.
Un format contesté, mais toujours solide
Le calendrier à 82 matchs n’est pas intouchable. De nombreux entraîneurs, joueurs et observateurs estiment qu’une saison plus courte améliorerait la qualité du jeu, limiterait les blessures et donnerait plus d’intensité à chaque rencontre. En 2019, Adam Silver, le patron de la NBA, avait lui-même reconnu qu’il n’y avait rien de « magique » dans ce chiffre.
Mais 82 matchs restent, pour l’instant, le point d’équilibre de la NBA moderne. Assez long pour désigner les meilleures équipes, assez dense pour nourrir le spectacle quotidien, assez rentable pour satisfaire l’écosystème économique de la Ligue.