Elle est la onzième. Un cercle fermé, celui des basketteuses françaises qui évoluent dans la prestigieuse ligue de basket américaine, la WNBA. La progression de Nell est fulgurante. Après deux saisons seulement dans le championnat de France, à Lattes-Montpellier (BLMA), l’ailière ou arrière de 19 ans a été « draftée », le 13 avril dernier, en 12e position par une franchise de la ligue féminine nord-américaine de basket, Connecticut Sun, située entre New York et Boston sur la côte est des États-Unis.
« Je suis fière, très heureuse et nerveuse. Mais surtout reconnaissante envers mes parents qui m’ont toujours soutenue et poussée », a-t-elle déclaré à la chaîne américaine ESPN.
Une confirmation que le basket féminin français et sa formation font émerger des talents capables d’évoluer au plus haut niveau mondial. Et Nell Angloma a bien choisi son moment car, cette saison, la WNBA est en pleine expansion avec des salaires records et un nouveau contrat de diffusion considéré comme historique de 2,2 milliards de dollars sur 11 ans, avec Disney (ESPN), Amazon, NBCUniversal et Ion.
La basketteuse française sort d’une saison pleine. Elle a été sacrée meilleure jeune joueuse de la Boulangère-Wonderligue, la première division française, et figure dans l’équipe type de la saison… Ses stats ? 15,5 points, 5,6 rebonds et 2,4 passes de moyenne avec le BLMA, seulement battu en demi-finale de la compétition. Prête pour l’Amérique ?
« Nell a un potentiel énorme. Sa qualité première est la détermination. Elle est programmée, depuis très jeune, pour être la meilleure à son poste. Il n’y a pas beaucoup de joueuses qui ont un tel mental. C’est d’ailleurs la première fois que la WNBA vient nous prendre une joueuse aussi jeune », explique Olivier Ribotta, directeur général du BLMA.
« Tout est plus grand »
Talent pur, puissante et adroite, polyvalente, Nell Angloma excelle notamment dans le un contre un.

« Elle est une bonne défenseure et très bonne rebondeuse. D’ailleurs, je l’ai repérée en 2021. J’étais en poste dans un autre club mais elle avait choisi, logiquement, de rejoindre l’Insep. En arrivant au BLMA à l’été 2024, je l’ai immédiatement sollicitée et elle est venue », raconte Olivier Ribotta.
Nell Angloma n’a pas encore joué avec les Connecticut Sun. Mais elle semble armée pour la ligue américaine, le très haut niveau et la concurrence féroce avec les meilleures joueuses de la planète. Même si elle a été, dans un premier temps, très impressionnée par les installations, les staffs techniques ou médicaux.
« Tout est plus grand ! Je veux progresser dans une Ligue athlétique et très compétitive. »
Depuis la saison dernière, l’entraîneur des Connecticut Sun est… français. Rachid Meziane a été en poste à Villeneuve-d’Ascq et sélectionneur de l’équipe nationale de Belgique. Un atout pour l’intégration de Nell, qui attend avec impatience que son nouveau club reçoive sa lettre de sortie éditée par le BLMA. Avec, dans un coin de la tête, un plan B, C ou D si cela ne se passe pas bien.
En effet, si elle ne trouve pas de temps de jeu ou ne s’intègre pas, Nell peut revenir à Lattes-Montpellier où elle est encore sous contrat. Elle est également sollicitée par de nombreux clubs européens. Ni le club héraultais ni elle ne savent de quoi son avenir sera fait.
Un automne en bleu
Objectif, convaincre dans la meilleure ligue du monde. Avant un autre défi, énorme, la Coupe du monde féminine du 4 au 13 septembre en Allemagne. Car, avec les Bleues, la native d’Évreux, comme le footballeur Ballon d’or Ousmane Dembélé, a également performé. Elle a été élue meilleure joueuse du championnat U18 de 2024, remporté par la France. En novembre dernier, elle est « montée » chez les seniors et compte deux sélections.
La « rookie » a donc assisté, des tribunes, à la défaite de ses partenaires des New York Liberty (75-106) vendredi dernier. Elle espère faire ses premiers pas et prendre ses premiers rebonds dans la nuit de mercredi à jeudi. Les Connecticut Sun reçoivent les Aces Las Vegas. Pour le premier match de sa nouvelle vie, celle où tout est plus grand.