Kenya, le nouvel acteur mondial du sport ?

Ces prochaines années, des événements sportifs majeurs se dérouleront au Kenya. La Coupe d’Afrique des Nations de football en 2027… et surtout les Mondiaux d’athlétisme en 2029, une première pour un pays africain. Cette désignation marque un nouvel élan pour l’attractivité du Kenya qui veut augmenter son influence par sa visibilité sportive.
Ferdinand Omanyala remporte la finale du 100m du meeting de Xiamen (Chine) en mai 2026 et confirme que le Kenya est une nation majeure de l'athlétisme - Photo Icon Sport

Dimanche dernier, en remportant le titre du semi-marathon femmes aux championnats du monde sur route à Copenhague, Agnes Ngetich s’est raccrochée à l’actualité de son pays, le Kenya. Car quelques jours plus tôt, la capitale, Nairobi, a été désignée pour recevoir les Mondiaux d’athlétisme 2029. Et deviendra la première ville africaine à accueillir cette compétition.

« Le Kenya est l’une des grandes nations de l’athlétisme. Ce sport est profondément ancré dans la culture du pays. Nairobi nous a présenté un dossier à la fois convaincant et émouvant », a souligné Sebastian Coe, président de la Fédération internationale d’athlétisme, alors que l’Angleterre ou l’Italie étaient en lice.

Le Kenya avait déjà présenté un dossier pour l’édition 2025, finalement attribuée à Tokyo. Une première expérience qui a nourri un dossier plus solide et renforcé pour la candidature victorieuse de 2029.
Et ce n’est pas tout concernant le Kenya !

Car le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, vient justement de rassurer et, d’une certaine manière, de confirmer que la Coupe d’Afrique des Nations 2027 sera bien coorganisée par trois pays, l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya. Une volonté : ramener la CAN en Afrique de l’Est, une zone qui ne l’avait plus accueillie depuis l’Éthiopie en 1976.

« Il n’y a pas de plan B, et il n’y en aura jamais. Il y a eu énormément de progrès. C’est visible », a-t-il tenu à rassurer après les inquiétudes liées au retard des constructions ou rénovations de stades pour accueillir la CAN.

La CAN 2027 n’est donc pas un événement isolé, mais comme la première étape d’une stratégie globale, deux ans avant les Mondiaux d’athlétisme. Le Kenya, pays d’Afrique de l’Est de près de 59 millions d’habitants, devient donc un acteur majeur des grands événements sportifs car les Mondiaux d’athlétisme, tout comme la CAN, sont très médiatisés.

« Cette victoire n’est pas seulement celle du Kenya, c’est une opportunité pour l’Afrique entière de démontrer sa capacité, son talent, son hospitalité et sa passion pour l’athlétisme au plus haut niveau », souligne Jackson Tuwei, président de la Fédération kényane d’athlétisme.

Diplomatie sportive ?

Le pays a déjà organisé des compétitions, mais pas de cette dimension. Les Mondiaux de cross à Mombasa en 2007, les championnats du monde d’athlétisme U18 en 2017 et U20 en 2021 à Nairobi.

Le Kenya fait-il à son tour de la diplomatie par le sport, comme les pays du Golfe il y a une dizaine d’années ? La politique étrangère kényane de 2025 comporte explicitement un volet « Sports Diplomacy » dans un rapport tout à fait officiel intitulé The foreign policy of the Republic of Kenya (La politique étrangère de la république du Kenya). Qui prévoit d’utiliser la réputation sportive du pays pour renforcer son image internationale, attirer des investissements et promouvoir le Kenya pour l’accueil de grandes compétitions ?

La différence avec les pays du Golfe comme le Qatar est que la légitimité sportive existe déjà. Car le pays possède une longue tradition dans les épreuves de demi-fond, de fond, de cross-country et sur route. Et cette année, c’est même un sprinter qui se distingue sur 100 m, Ferdinand Omanyala, en réalisant une première partie de saison exceptionnelle avec cinq courses de premier plan, toutes réalisées en moins de 10 secondes !

Le Kenya est d’ailleurs le deuxième pays le plus médaillé en athlétisme derrière les États-Unis avec plus de 180 médailles à ce jour ! Mais ces médailles kenyanes ont un revers. Le pays a un gros ménage interne à effectuer avant d’incarner une promesse pour l’Afrique avec l’organisation d’une compétition au rayonnement planétaire. Plus d’une centaine d’athlètes kenyans sont aujourd’hui suspendus pour dopage. Dont Wilson Kipsang, médaillé de bronze en marathon aux JO de Londres 2012, double vainqueur du marathon de Londres (2012 et 2014) et de New York, mais aussi Daniel Wanjiru, vainqueur du marathon de Londres en 2017, ou Ruth Chepngetich, recordwoman du monde du marathon en 2024.

Ces désignations pour organiser des compétitions majeures sont des premières victoires pour le Kenya. Elles doivent désormais être confirmées sur les terrains… de foot. Et les pistes d’athlétisme.

RECOMMANDÉS