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500 miles d’Indianapolis : la 110e édition de la course la plus folle d’Amérique

Les 500 miles d’Indianapolis, l’une des plus anciennes et des plus mythiques courses automobiles encore disputées, célèbrent ce dimanche leur 110e édition. Un énorme événement sportif et culturel aux Etats-Unis. Du bruit, de la fureur et des traditions, à des vitesses qui dépassent parfois les 300 km/h.
Josef Newgarden lors des qualifications « Fast 6 » pour l’Indy 500 2024 à l’Indianapolis Motor Speedway. (Photo de Jeremy Hogan / SOPA Images/Sipa USA)

Au pays de la voiture reine, symbole de la liberté individuelle et de la conquête des territoires, elle est une légende. L’incarnation du rêve américain et un rituel culturel. La mythique course des 500 miles d’Indianapolis, surnommée l’Indy 500, fête sa 110e édition sur l’Indianapolis Motor Speedway, un circuit ovale de 2,5 miles (4 km) qui compte plus de 250 000 places assises dans les gradins et 400 000 places au total ! Elle fait partie des trois courses les plus prestigieuses au monde avec les 24h du Mans ou le Grand Prix de Monaco.

Dimanche à 18 h 45, heure française, tous les regards du sport automobile convergeront vers l’Indiana pour un spectacle assourdissant et hypnotique. Les pilotes doivent parcourir 200 tours sur l’ovale, pour une distance de 500 miles (804 km).

La phrase traditionnelle prononcée avant le départ est elle aussi entrée dans la légende et même dans la culture populaire américaine :

« Gentlemen, start your engines! » (Messieurs, démarrez vos moteurs !)

Traditionnellement, 33 voitures alignées sur trois lignes de onze voitures prennent le départ. Puis c’est la démesure. Les pilotes roulent roue contre roue à des vitesses folles et la moindre erreur se paie immédiatement. Les guerriers du bitume sont là pour la vitesse et la performance sur un circuit extrêmement exigeant.

« On ne gagne pas l’Indy. L’Indy vous autorise à gagner », affirmait Rick Mears, quadruple vainqueur entre 1979 et 1991.

Lors de la première édition en 1911, l’automobile en est encore à ses débuts. Les constructeurs cherchent à démontrer la fiabilité de leurs machines dans les conditions extrêmes de vitesse. Les 500 miles d’Indianapolis deviendront, dès les débuts, une vitrine technologique. Avant même la première édition de la course, Carl G. Fisher, l’un des principaux fondateurs de l’Indianapolis Motor Speedway, défendait déjà l’idée d’un circuit conçu comme un laboratoire grandeur nature pour l’industrie automobile américaine.

« L’automobile est arrivée à un stade où elle doit être testée dans des conditions de course. »

Apparition du rétroviseur

Les « 500 miles » sont nés sous le signe du spectacle et de l’expérimentation technologique destinée à faire progresser l’industrie automobile américaine. D’ailleurs, le premier vainqueur, un véhicule du constructeur américain Marmon, remporte la course grâce à une innovation révolutionnaire, le… rétroviseur ! Jusque-là, les voitures embarquaient un mécanicien chargé de surveiller l’arrière…

Au fil des décennies, les ingénieurs y expérimentent des moteurs suralimentés, des nouveaux pneus plus résistants, des carburants spéciaux ou des solutions aérodynamiques qui influenceront ensuite l’ensemble de l’industrie automobile. Aujourd’hui, les compteurs dépassent régulièrement les 370 km/h en vitesse de pointe. Et les pilotes doivent gérer les turbulences aérodynamiques, l’usure des pneus, la stratégie du carburant et le trafic permanent, sur un ovale où les murs sont à quelques centimètres.

Entre précision technique, prise de risque et… traditions. Le vainqueur remporte un gros chèque ainsi qu’une réplique du trophée Borg-Warner sur lequel figure le visage sculpté de tous ses prédécesseurs depuis plus d’un siècle. Mais il reçoit également… une bouteille de lait dont il boit une gorgée sur le podium ! Cette coutume remonte à 1936, lorsque le pilote Louis Meyer, américain de parents français, réclama du lait après sa victoire.

les visages des anciens vainqueurs sont graves sur le borg warner trophy
Les visages des anciens vainqueurs sont gravés sur le Borg-Warner Trophy – Photo Icon Sport

L’édition 2026, la 110e, est stratégique. Car elle intervient dans une période de transition technique majeure. L’IndyCar Series, la compétition automobile américaine de monoplaces dont les 500 miles sont l’épreuve phare, est déjà entrée dans l’ère hybride depuis 2024 et continue d’ajuster ses règles autour de cette technologie. Elle cherche également à attirer davantage de pilotes européens et un nouveau public international, même si Fernando Alonso, Juan Pablo Montoya, Nigel Mansell ou encore Jacques Villeneuve se sont tous essayés avec plus ou moins de réussite aux 500 miles. Objectif : transformer progressivement l’image d’un championnat longtemps perçu comme essentiellement américain.

Grosjean percute un oiseau

Plus d’un siècle après sa création, la course des 500 miles d’Indianapolis conserve une aura presque unique dans le sport mondial. Avec ce cocktail de tradition, danger, innovation et héroïsme.

« La course sur ovale, c’est vraiment autre chose. Il faut avoir du respect face au danger et j’en ai », a déclaré le « rookie » Mick Schumacher, fils de Michael, ancien pilote de F1 lui-même et premier Allemand depuis plus d’un siècle à se qualifier pour l’épreuve.

Quant aux Français, ils ont parfois brillé dans l’Indiana. Dès la troisième édition en 1913, Jules Groux remporte la course. Premier Français et même premier Européen à gagner les 500 miles d’Indianapolis, il est suivi un an plus tard par René Thomas, au volant d’une Delage. En 1920, Gaston Chevrolet, frère de Louis Chevrolet, cofondateur de la marque du même nom, s’impose à son tour sans changer de pneus pendant toute la course, ce qui n’avait encore jamais été fait. Enfin, en 2019, après 99 ans d’attente, c’est à nouveau une victoire française grâce à Simon Pagenaud.

Romain Grosjean, qui dispute régulièrement l’épreuve depuis qu’il a quitté la F1 en 2020 après un spectaculaire accident, s’élancera de la vingt-quatrième place de la grille. Lors des essais, fin avril, il a heurté un oiseau à plus de 300 km/h.

« J’ai encore du sang sur ma combinaison, il y avait des morceaux sur l’arceau. Le casque sent mauvais, le siège aussi… Je ne voyais plus où j’allais, il y en avait partout… » a-t-il raconté sur la chaîne américaine ESPN.

Dernière information donnée par les organisateurs, et pas n’importe laquelle. On connaît le type de lait choisi par chaque pilote en cas de victoire cette année. Et comme souvent, ils sont 25 sur 33 pilotes à préférer du lait entier. Les autres ont choisi un lait à 2% de matière grasse et Romain Grosjean du demi-écrémé.

 

 

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