Crise à la FIFA : quatre grandes ligues européennes réclament une réforme de sa gouvernance

Les quatre grandes ligues européennes ont publiées, ce vendredi 25 septembre, un communiqué joint dans lequel elles réclament une « réforme fondamentale » de la FIFA empêtrée dans la crise depuis le mois de juillet.
Gianni INFANTINO, président de la FIFA, lors de la remise de médailles à la Coupe du monde de football 2026. (Photo : Johnny Fidelin/Icon Sport) - Photo : Icon Sport

La fronde contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, se poursuit. Dans un communiqué commun publié ce vendredi 25 septembre, quatre grandes ligues européennes – la Premier League, la Liga, la Bundesliga et la Serie A – appellent à leur tour à une réforme de la gouvernance de l’instance dirigeante du football mondial. Une réforme jugée « fondamentale » par les signataires.

Dès les premières lignes de ce communiqué, les quatre ligues reprochent à Gianni Infantino d’avoir encouragé des pratiques qu’elles qualifient « d’exploitation » du football. Elles font notamment référence à son projet, depuis abandonné, de création d’une société commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), dont une part aurait été ouverte à des investisseurs privés.

« Les fondements historiques du football ont été menacés ces dernières années par un problème de gouvernance fondamental, le président de la FIFA ayant activement encouragé des pratiques d’exploitation au lieu de s’y opposer. »

Gianni Infantino, qui brigue un nouveau mandat lors de l’élection prévue en mars prochain, a proposé « une consultation » des fédérations afin de réformer la gouvernance de l’instance. Une réponse insuffisante aux yeux des quatre ligues, qui mettent en garde contre de simples « changements superficiels » :

« Le président de la FIFA a désormais reconnu la nécessité d’une réforme, mais il ne suffit pas d’envisager des changements superficiels et procéduraux à la suite de l’affaire FFE : une réforme fondamentale de la gouvernance est indispensable pour rétablir des limites statutaires claires au sein de la FIFA, notamment pour garantir que les questions disciplinaires individuelles restent à l’abri de toute ingérence politique. »

Des contre-pouvoirs réclamés

Dans ce communiqué, intitulé « Pour unifier le football, la FIFA doit se réformer », la Premier League, la Liga, la Bundesliga et la Serie A appellent à la mise en place de contre-pouvoirs. Elles s’interrogent notamment sur l’étendue des pouvoirs du président de l’instance :

« Le problème de gouvernance de la FIFA va bien au-delà du rôle d’un seul individu. La question est de savoir si le président de la FIFA devrait exercer simultanément un tel pouvoir réglementaire, commercial et politique sans contre-pouvoirs efficaces, notamment sans l’accord des parties prenantes concernées. Il y a plus d’une décennie, à la suite de poursuites pénales impliquant de hauts responsables du football, le processus de réforme lancé par la FIFA visait à remédier à ces problèmes. Pourtant, une fois de plus, le football a subi l’un des plus graves abus de pouvoir de l’histoire de la FIFA. »

Les dirigeants de ces quatre ligues appellent ainsi à la mise en place d’une nouvelle structure de gouvernance. Celle-ci reposerait sur « trois principes fondamentaux » : l’intégration des parties prenantes concernées dans la prise de décision, des décisions fondées sur des éléments objectifs et la protection de la fonction réglementaire de la FIFA par rapport à sa fonction commerciale. Les candidats à la présidence de la FIFA sont encouragés à se prononcer sur ces enjeux.

La LFP dit ne pas avoir été sollicitée

Auprès de RMC Sport, la Ligue de football professionnel (LFP) a précisé ne pas avoir été sollicitée pour être associée à ce communiqué commun. Elle indique par ailleurs que la position de la Fédération française de football (FFF), qui a retiré son soutien à Gianni Infantino, vaut également pour elle.

Pour rappel, la FFF avait, dans un premier temps, apporté son soutien à la réélection de Gianni Infantino avant de faire volte-face en retirant ce soutien et en appelant à « une profonde réforme de la gouvernance de la FIFA ». « Avec mes collègues du comex, on considère que la confiance placée en Gianni Infantino a été rompue », avait expliqué son président, Philippe Diallo, selon L’Équipe.

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